"En 2010, quand je suis passé en agriculture biologique, toutes les conditions pour réussir une conversion étaient réunies, a témoigné Sébastien Valteau, éleveur à Marigné (Maine-et-Loire), à la journée "Perspectives Bio" du 14 décembre 2022. Aujourd’hui, je suis beaucoup plus inquiet : en viande bovine, il y a finalement très peu d’animaux certifiés et valorisés en bio. En lait, les producteurs ne sont pas mieux lotis avec des prix actuellement inférieurs aux prix des produits conventionnels."

Relancer la consommation

Porté par la FRSEA, ce rendez-vous a été instauré au printemps 2022. "Pour cette seconde édition, nous voulions mettre l’accent sur la relance de la consommation", a expliqué Jacques Mousseau, élu référent. Le syndicat pointe en particulier la restauration collective car "c’est un levier fort". Or, si la loi Egalim a fixé un objectif de 20 % de produits bio en restauration collective au 1er janvier 2022, on est loin du compte.

Des écarts très importants

Dans les lycées, la moyenne du bio est à 12 % avec des écarts importants. "Selon les établissements, on passe de 3 à 60 %", a indiqué Patricia Maussion, conseillère régionale. En Anjou, Papillote et Compagnie fait figure de bon élève avec 35 %. Cette entreprise publique prépare chaque jour 13 500 repas destinés aux enfants d’Angers et de 17 communes environnantes. "Nous avons un prix moyen du repas à 4,17 euros avec un coût matière de 1,80 euro. Mais 2023 nous inquiète. L’inflation va perturber beaucoup de choses" a relevé Sophie Sauvourel, sa directrice.

© Anne Mabire - En Pays de la Loire, 15 % des exploitations et 11 % de la SAU sont labellisés bio, ont souligné les intervenants à la journée "Perspectives Bio" du 14 décembre.

Du côté des centres hospitaliers et des Ephad publics, la situation se révèle aussi très inégale. "Notre association regroupe 22 établissements de cette nature. Dans ces structures, le coût matière moyen est de 2,50 euros par jour pour préparer le déjeuner et le dîner, a précisé Juliette Kling de l’Acep 49. Les  produits bio représentent 12 % des approvisionnements, mais les écarts vont de 3 à 24 %."

"Un agriculteur bio est pénalisé en cas de manquements. Pourquoi n’en est-il pas de même pour les collectivités qui ne respectent pas l’objectif des 20 %", a soulevé Jacques Rousseau.