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« Je me diversifie dans les plantes aromatiques »

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Valorisation des coteaux - « Je me diversifie dans les plantes aromatiques »
Évelyne Fabre a planté cette parcelle de thym en 2018, qu’elle cultive avec l’aide de son fils François (au centre) et de son mari, Frédéric. © Frédérique Ehrhard

Afin de revaloriser ses petites terres en coteau, Évelyne Fabre cultive des espèces destinées à l’herboristerie et à la distillation.

«Mes parents produisaient des céréales, des oléagineux et des fourrages. Sur 70 ha, ce n’était pas suffisant pour dégager un revenu. Quand j’ai pris leur suite, j’ai cherché une diversification. Après avoir fait une formation à la chambre d’agriculture, j’ai opté pour les plantes à parfum, aromatiques et médicinales », explique Évelyne Fabre, agricultrice à Orsans, dans l’Aude.

Conversion en bio

De 2018 à 2021, elle en a planté huit hectares. « J’ai choisi des parcelles en pente et peu productives, avec l’objectif de les revaloriser », précise-t-elle. Les débouchés étant plus importants en bio, elle a converti ces terres. « Aujourd’hui, j’y cultive trois espèces dans le cadre d’un contrat pour l’herboristerie, thym, origan et sarriette, et deux espèces destinées à la distillation, immortelle et lavande fine. »

Ces plantes semi-pérennes produisent durant six à huit ans. Les deux premières années, il faut désherber manuellement le rang, le temps que les jeunes plants s’installent. « Quand le climat permet de passer la herse étrille durant l’hiver, cela va bien, mais sinon, c’est plus long ! », note Évelyne, qui consacre 50 à 100 h/ha à cette tâche.

Maîtriser le désherbage

Dans l’interrang, quatre à cinq binages sont nécessaires. « J’ai adapté une bineuse en y ajoutant un épandeur afin de localiser en même temps l’engrais organique de part et d’autre du rang », précise Frédéric, son mari, qui l’aide à côté d’un emploi salarié. La récolte se fait en vrac. Les plantes sont ensuite séchées puis passées dans une batteuse s’il est nécessaire de séparer les feuilles.

La productrice de plantes aromatiques vient d’investir 30 000 euros dans une récolteuse autochargeuse neuve. © Frédérique Ehrhard

« Pour ma première récolte, j’ai obtenu 200 kg/ha de feuilles de thym et 3,6 t/ha d’origan en plante entière », précise Évelyne. En quatrième année, elle atteindra un plein rendement. « Compte tenu des prix annoncés dans mon contrat, je table sur une marge brute de 4 000 €/ha en herboristerie. C’est quatre à cinq fois plus que celle que j’obtiens en colza ou en blé dur. »

Le coût des plants est de 2 000 €/ha pour l’origan et la sarriette, et de 5 000 €/ha pour le thym. Pour la planteuse, la bineuse et la batteuse d’occasion, le séchoir en auto-construction et la récolteuse neuve, elle a investi 34 500 €. « Avec 8 à 10 ha de plantes semi-pérennes, j’ai suffisamment de surface pour amortir ce matériel. Je ne compte pas aller au-delà pour être sûre de maîtriser le désherbage. »

En complément, elle teste deux cultures annuelles récoltées en graines, anis vert et coriandre, qui intéressent aussi son acheteur. « Cette année, j’en ai semé 5 ha. Ces cultures conviennent aux parcelles où il y a beaucoup de devers, car elles n’ont pas besoin de binage. » Et pour la prochaine diversification, elle prévoit de se lancer dans l’apiculture. « Je devrais ainsi arriver à faire face à l’érosion des primes et à dégager un meilleur revenu. »

Frédérique Ehrhard

Des points d’appui pour se lancer

Évelyne Fabre a bénéficié d’aides de la région Occitanie qui ont couvert la moitié du coût des plants. « Mais c’est surtout la possibilité de contractualiser qui m’a décidé à franchir le pas », note-t-elle. Après avoir planté ses premiers thyms, elle a signé un contrat pluriannuel avec l’entreprise Arcadie, qui s’engage à lui prendre toute sa récolte en bio. « J’ai un bon accompagnement des chambres d’agriculture de l’Aude et d’Occitanie », apprécie Évelyne. Elle a également adhéré à l’association Bio Garrigues Méditerranée, qui rassemble des agriculteurs travaillant avec cette entreprise. « Les producteurs plus expérimentés partagent leur expérience, cela m’aide à progresser. »

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