Terres Inovia a organisé un colloque sur la thématique des dégâts d’oiseaux le 24 novembre 2022. Ces vingt dernières années, "le sujet autour des dégâts d’oiseaux s’est amplifié, a introduit Laurent Rosso, directeur de Terres Inovia. On estime aujourd’hui son impact à plusieurs dizaines de millions d’euros." 

  • En tournesol : 20 millions d’euros. C'est l’ordre de grandeur des pertes engendrées par les dégâts d’oiseaux, selon Terres Inovia.
  • En maïs : 25 à 85 millions d’euros. C’est la fourchette des pertes engendrées par les dégâts d’oiseaux selon Arvalis.

En tournesol, des pertes de 220 €/ha à 330€/ha 

Pour évaluer les dégâts en tournesol, Terres Inovia se base sur plusieurs sources : une enquête déclarative réalisée dans la filière depuis 2016, des données d’enquêtes culturales, réalisées tous les deux ou trois ans, ainsi que des données Vigicultures.

"L’ordre de grandeur est de 20 millions d’euros de pertes au niveau de la production", calcule Christophe Sausse, de Terres Inovia. L’institut s’est basé sur une hypothèse de 10 % des parcelles touchées, dont la moitié est resemée.

L’institut technique a en effet construit deux scénarios :

  • S’il y a ressemis, les pertes se chiffrent à 330 €/ha. "Le coût des semences est important et la date de semis, pas optimale, peut entraîner des pertes de rendement", précise Christophe Sausse.
  • S’il n’y a pas ressemis, elles sont estimées à 220 €/ha. Dans ce cas, "le peuplement n’est pas optimal, ce qui peut impacter la teneur en huile et entraîner des réfactions".

Christophe Sausse précise que les calculs n’ont pas pris en compte les spécificités du tournesol semences, les impacts indirects (abandon de la culture, diminution de la durée de la rotation…), ni les impacts sur la filière.

En maïs, 0,6% de perte de production à l’échelle nationale

"En moyenne, la ferme France perd 0,6 % de sa production potentielle de maïs à cause des dégâts d’oiseaux" », indique Jean-Baptiste Thibord, d’Arvalis. Il se base sur une expertise collective réalisée au sein de l’institut technique sur une période allant de 2006 à 2013. Les années où les attaques sont les plus sévères, ce chiffre monte à 1,1%.

Une deuxième méthode a également été mobilisée, sur la base des données saisies dans le cadre de Vigicultures entre 2013 et 2022 et extrapolées à l’échelle de la France. "On tombe exactement sur les mêmes chiffres, à savoir 0,6% de pertes en moyenne et jusqu’à 1% de manque à produire en cas de forte attaque."

"En prenant un rendement à 10 t/ha et un prix à 140 €/t, cela représente en moyenne des pertes annuelles de 25 millions d’euros, et jusqu’à 45 millions d’euros, chiffre Jean-Baptiste Thibord. Avec un “scénario 2022”, basé sur 8 t/ha et 335 €/t, les dégâts montent à 50 millions d’euros, voire 85 millions d’euros si l’on considère que l’année est très à risque." 

Ces chiffres reflètent le manque à produire pour les agriculteurs : "Il faudrait y ajouter les pertes sur la filière, que l’on n’a pas considérées", ajoute l’expert. Les spécificités liées aux maïs spéciaux (maïs semences, maïs doux…) ne sont pas non plus prises en compte.