Interrogé par l’AFP le 25 octobre 2021, Dominique Anract, président de la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française, a indiqué que certains boulangers pourraient augmenter de 5 ou 10 centimes le prix de la baguette.

Le sujet a largement été relayé dans la presse à destination du grand public. France Grandes Cultures (FGC), association spécialisée de la Coordination rurale (CR), a réagi le 28 octobre 2021 : « Bien que certains médias expliquent cette hausse des prix de manière juste et réaliste, d’autres préfèrent, une fois de plus, attirer la foudre sur le dos des agriculteurs. »

Le syndicat a rappelé dans communiqué que, « selon les dernières statistiques nationales disponibles dans le rapport de l’Observatoire de la formation des prix et des marges (OFPM), sur les 10 dernières années, le seul prix du blé représente en moyenne 5,5 centimes par baguette de pain (lire l’encadré, NDLR), donc environ 4,5 centimes payés à l’agriculteur. Une hausse de 30 % des seules céréales correspond à une augmentation de l’ordre de 1,7 centime par baguette. »

Hausse généralisée

FGC appelle donc à ne pas faire reposer cette augmentation sur le seul prix des céréales, « mais bien sûr une hausse généralisée des charges, des frais de transport, de l’énergie, et éventuellement, des marges de certains intermédiaires entre les agriculteurs et les consommateurs ».

En 2018, la FDSEA de la Seine-et-Marne et les JA s’étaient exprimés sur le même sujet. Ils ne voulaient pas que « l’agriculture soit le bouc émissaire » dans la hausse du prix de la baguette.

Une « situation inédite » pour les boulangers

Dominique Anract expliquait à l’AFP : « Le premier chèque de matière première que signe une boulangerie, c’est pour la farine, dont le prix dépend du cours du blé, calculé sur un marché mondial, à Chicago. Cette année, les incendies et les sécheresses en Russie et au Canada ont bouleversé le marché de l’offre et de la demande et causé une augmentation du cours de 30 % dès le mois de septembre ».

Il a complété : « À cela s’ajoutent la hausse des charges salariales avec la hausse du Smic au début d’octobre, et la flambée du prix de l’énergie. On a également constaté une pénurie des emballages en papier. La situation est inédite car on n’a jamais eu tous ces éléments en même temps, de cette taille-là. Et cela tombe à la mauvaise période, au moment où la pandémie a entraîné pour certains boulangers une baisse de la trésorerie. »

H.P., avec l’AFP