Dans une tribune publiée le mardi 20 septembre 2022 sur le site de France Info, 80 associations collectives et syndicats exigent « une sortie des pesticides de synthèse ». « Il en va de notre santé collective, de la santé de nos générations futures et de la sauvegarde de notre biodiversité », insistent les signataires dont Générations futures, Greenpeace ou encore la Confédération paysanne.

La Charente-Maritime citée en contre-exemple

Pour étayer leur position, les auteurs précisent que depuis trois ans « les résultats d’études mettent en évidence la présence massive de pesticides autour de La Rochelle et plus particulièrement dans la plaine d’Aunis. La Charente-Maritime détient de bien tristes records en termes de pollution de l’air et de l’eau aux pesticides ».

Dans la tribune, divers constats sont partagés par les auteurs et notamment que  « la France est un des plus gros consommateurs de pesticides »,  que « l’air et les sols sont contaminés », que « l’eau du robinet est aussi contaminée », ou encore  qu’il existe « de fortes présomptions entre l'exposition aux pesticides et la survenue de certains cancers pédiatriques ».

Le droit à un environnement propre et sain

Les signataires demandent donc à l’État et aux autorités territoriales d’agir pour  « protéger la santé des populations et l’environnement de plus en plus fragilisés et dégradés ». S’appuyant sur la reconnaissance par le Conseil des Nations unies à l’automne 2021 du droit à disposer d’un environnement propre, sain et durable est un droit humain ils demandent « dune seule voix »

  • L’application immédiate et systématique du principe de précaution;
  • L’interdiction immédiate d’utilisation de tous les pesticides de synthèse sur les aires d’alimentation de captages d’eau potable;
  • La révision immédiate des textes réglementaires censés encadrer l’usage des pesticides notamment le décret dit de « protection des personnes lourdes et irréversibles »;
  • La mise en place immédiate d’un registre territorialisé des cancers sur l’ensemble du territoire français;
  • De rendre obligatoire et publique l’étude de l’interaction de toutes les molécules présentes dans la formulation des pesticides avant de délivrer une autorisation de mise sur le marché tant au niveau européen qu’au niveau national;
  • La prise en compte du cumul des facteurs d’exposition et de la toxicité chronique dans les études scientifiques et médicales;
  • Une sortie totale des pesticides de synthèses d’ici à cinq ans.

Une conversion du modèle agricole

Les signataires de la tribune demandent également un « plan de conversion de notre agriculture versun modèle agricole vraiment durable, l’agroécologie, seule garante de la protection des écosystèmes et des humains ». Afin notamment qu’aucun agriculteur ne soit « laissé de côté, tous doivent être soutenus financièrement et accompagnés. Ce devrait être le rôle prioritaire du ministère de l’Agriculture ».

« Nous sollicitons une entrevue avec la Première ministre, Mme Borne, afin de lui présenter nos constats, notre démarche et nos perspectives », concluent les signataires.