La semaine écoulée n’a pas donné lieu à de grandes variations de prix sur le marché des céréales. Seules les orges de brasserie ont vu leur situation évoluer de façon conséquente : à la baisse pour celles d’hiver et à la hausse pour celles de printemps.

Peu de changement pour le blé

Les cours français du blé sont quasiment inchangés par rapport à la semaine dernière, avec la cotation rendu Rouen en blé meunier à 162 €/t. Il a toutefois connu une phase de petite hausse sur Euronext au début de la semaine, de concert avec les autres origines mondiales. Après ce petit rebond, favorisé notamment par une vague d’achats de plusieurs grands pays importateurs (Arabie Saoudite pour 610 000 t, Égypte pour 180 000 t et Algérie pour 500 000 t), le marché est reparti à la baisse sous la pression de l’abondante offre mondiale.

Il est intéressant de constater que les appels d’offres du Gasc égyptien ont retrouvé une certaine régularité, avec un achat le 13 octobre remporté par des blés russes et roumains, et un autre le 20 octobre de 120 000 t de blé russe. Actuellement, seul un petit nombre d’offres est proposé à chaque « tender », majoritairement du blé russe. Les opérateurs semblent rester circonspects après les épisodes de durcissements et d’assouplissements successifs concernant le seuil autorisé en ergot.

L’Inde est également aux achats, ce qui était prévu du fait d’un bilan tendu. Cela profite surtout aux origines ukrainienne et australienne. La France est exclue de ces grandes vagues d’achats internationaux en raison de son prix trop élevé et de ses problèmes qualitatifs. Le rythme de chargement vers les pays tiers reste faible, y compris vers l’Algérie, débouché historique majeur du blé français, et sur lequel le Royaume-Uni réalise cette année une forte percée.

Basculement vers l’orge de printemps

Sur le marché des orges brassicoles, les cotations des variétés d’hiver ont décroché cette semaine, à 155 €/t Fob Creil (–8 €/t) du fait d’un basculement de la demande vers l’orge de printemps. Ce phénomène a été généré par le besoin qualitatif des malteurs et par le faible écart qui séparait les prix de l’orge d’hiver de ceux de l’orge de printemps : 20 €/t la semaine dernière. Cela a entraîné la remontée des prix des orges de printemps Fob Creil de 6 €/t à 189 €/t, après le trou d’air de ces dernières semaines.

À 34 €/t, la prime entre ces deux marchés (orges brassicoles d’hiver et de printemps) a ainsi retrouvé un niveau plus cohérent avec l’état du marché. Les orges d’hiver ne disposent désormais plus de potentiel de baisse, 155 €/t étant un niveau bas au regard du bilan de cette catégorie. En orge fourragère, le rendu Rouen stagne à 133 €/t. La demande portuaire est atone du fait de l’absence de compétitivité face aux origines mer Noire. Cela pourrait se traduire par une baisse des prix pour redynamiser la demande et éviter d’alourdir excessivement le bilan.

La logistique joue en faveur du maïs

En maïs, la faible hauteur d’eau, qui renchérit la logistique, entraîne une remontée du Fob Rhin qui gagne ainsi 10 €/t, à 162,5 €/t. La hausse est beaucoup plus modérée à La Pallice et Bordeaux, 2 à 3 €/t seulement, générée uniquement par la baisse de l’euro face au dollar. Les prix en Amérique du Sud se sont, quant à eux, affaissés légèrement du fait des bonnes conditions de semis en Argentine, tandis que le prix américain, toujours décompté face aux origines sud américaines, s’est redressé de 2 $/t.

La hausse du pétrole est un élément de soutien des cours, mais la récolte qui avance aux États-Unis continue de s’annoncer pléthorique. Les prix pourraient donc repartir à la baisse lorsque la récolte états-unienne arrivera pleinement sur le marché. Au sein de l’UE, le maïs hongrois, malgré les problèmes fluviaux, continue d’afficher une excellente compétitivité sur l’Italie et le nord de l’UE, conséquence d’une récolte abondante.

Les oléagineux à la hausse

Les conditions climatiques au Canada sont restées défavorables aux opérations de récolte cette semaine, et les cours du canola sont de nouveau à la hausse, gagnant sur les marchés à terme près de 17 $/t (+4,5 %). Au Saskatchewan par exemple, les opérations n’ont pas avancé sur la semaine du 11 au 17 octobre, avec une récolte effectuée à 78 %. Ainsi, avec l’Alberta, autre grande région productrice, il y aurait environ 4 millions de tonnes (Mt) non récoltées sur une moisson prévue à 19 Mt, et la neige et la pluie pourraient endommager ces volumes qui normalement sèchent aux champs.

En France, alors que l’euro s’affaisse de nouveau par rapport au dollar, les prix remontent aussi cette semaine. Le colza rendu Rouen gagne 8 €/t, et le colza Fob Moselle 9 €/t. Sur le marché à terme la cotation du colza novembre 2016 augmente de 4,50 €/t, un gain plus modéré. Le recul des surfaces semées pour la prochaine récolte soutient aussi les cours hexagonaux.

Les cours du soja à Chicago ont été soutenus cette semaine par de nombreuses ventes à l’exportation. L’échéance décembre gagne ainsi 7 $/t. Au Brésil, les opérations de semis se déroulent bien, avec une légère avance par rapport à la moyenne : environ 17 % de semés, contre 11 % habituellement.

Il est à noter aussi pour tous les oléagineux le soutien apporté par le prix des huiles, qui poursuivent leur remontée alors que la production d’huile de palme serait inférieure aux attentes en octobre, et que la demande mondiale est forte. Ainsi, à Rotterdam, le prix de l’huile de palme augmente de 6 % cette semaine, celui de l’huile de colza gagne 8 %.

Les prix du tournesol sont inchangés cette semaine à 362,5 €/t à Saint-Nazaire. Les opérations de récolte vont bon train en mer Noire, mais l’ampleur des disponibilités à venir est compensée par la forte demande mondiale en huiles, qui devrait se tourner vers l’huile de tournesol, actuellement très compétitive.

Le tourteau de soja rebondit

Les prix du tourteau de soja repartent à la hausse cette semaine, dans le sillage des graines. Ils gagnent ainsi 5 $/t à Chicago, et remontent de manière plus marquée à Montoir : +9 €/t sur le rapproché, soutenus aussi par l’affaiblissement de la monnaie européenne. Les pois fourragers ne sont pas cotés cette semaine.

À suivre : accélération ou non des achats de blé de l’Égypte, rythme d’exportation d’orge et de blé de la France vers les pays tiers, récolte de maïs aux États-Unis et avancée des semis en Argentine et au Brésil, valeur de l’euro/dollar, avancée des récoltes de soja, colza en Amérique du Nord, et de tournesol en mer Noire.