Dans un communiqué commun paru le 5 août 2016, FranceAgriMer, Arvalis et Terres Inovia estiment à 29,1 millions de tonnes (Mt) la production de blé tendre en France en 2016, contre 40,9 Mt en 2015. Un chiffre repris par le ministère de l’Agriculture dans sa note de conjoncture Agreste parue aussi ce vendredi. Au 1er août, la production de blé tendre chuterait de 29 % par rapport au record de 2015, et de 21 % comparée à la moyenne 2011-2015.

Le rendement moyen s’établirait à 55,6 q/ha face aux 79,3 q/ha atteints en 2015. C’est 30 % de moins qu’en 2015 et 24 % en dessous de la moyenne quinquennale. Agreste parle du « plus bas niveau depuis 1986, année de forte sécheresse ».

Des pertes de rendement hétérogènes

« L’hétérogénéité des pertes de rendement se manifeste par des baisses de 10 % à 20 % environ dans l’ouest de la France, mais de 35 % à 44 % dans un large quart Nord-Est incluant les régions Centre et Bourgogne Franche-Comté », chiffre FranceAgriMer et les instituts techniques.

Ils soulignent aussi « le caractère encore estimatif de ces données », les moissons étant arrêtées par les pluies dans plusieurs régions du nord de la France. La note Agreste évoque, elle, d’une chute de 40 % en Ile-de-France et de 31 % dans le Centre-Val-de-Loire par rapport à la moyenne 2011-2015.

La récolte de blé dur est terminée

En blé dur pour lequel la moisson est terminée, la production s’élèverait à 1,4 Mt, en recul de 20 % par rapport à 2015 (1,8 Mt) malgré une hausse de 12 % des surfaces. Le rendement, estimé à 40 q/ha, diminue de 29 % sur un an et de 24 % par rapport à la moyenne 2011-2015.

Le Centre est très touché avec une baisse du rendement de 67 % comparé à la moyenne quinquennale. Au contraire dans les régions du sud de la France, les rendements seraient dans la moyenne 2011-2015.

Jusqu’à 30 % de rendement en moins pour l’orge d’hiver

Du côté des orges d’hiver, « les rendements sont globalement satisfaisants dans le Sud-Ouest et moyens à satisfaisants dans l’Ouest, note FranceAgriMer. Dans le Nord, le Centre et l’Est, ils sont décevants avec près de 15 q/ha de moins par rapport à l’an dernier. »

Au total, la production est estimée à 7,8 Mt, contre 10 Mt en 2015, avec un rendement moyen de 55,7 q/ha contre 73,1 en 2015, 17 % en dessous de la moyenne 2011-2015. Les baisses de rendement atteignent 20 à 30 % dans la moitié nord de la France, à l’exception de la Bretagne (-10 %), contre un quasi-maintien dans la moitié sud.

La moisson des orges de printemps est en cours, « avec des rendements altérés mais néanmoins meilleurs qu’escomptés ». La production 2016 est prévue à 2,4 Mt (3 Mt en 2015) avec un rendement moyen de 53,9 q/ha (54,1 selon Agreste) contre 65,5 en 2015.

27 à 34 q/ha pour le colza

Pour le colza, les rendements moyens sont compris entre 27 et 34 q/ha selon les régions. C’est globalement bon pour la moitié sud, mais décevant au Nord y compris sur les parcelles à fort potentiel en fin de floraison. Le rendement moyen national est estimé à 31 q/ha par FranceAgriMer et à 30 q/ha par Agreste (- 16 % par rapport à 2015 et - 13 % par rapport à 2011-2015).

La production totale de colza devrait avoisiner 4,7 Mt, contre 5,3 Mt en 2015, avec des hausses de rendements en Nouvelle Aquitaine, Occitanie, Auvergne Rhône-Alpes et Paca, mais des pertes de rendement partout ailleurs. Agreste est un peu plus pessimiste avec une collecte de 4,5 Mt (- 15 % sur un an).

Catastrophe en protéagineux

Le rendement moyen du pois (hiver et printemps) sera historiquement bas cette année. « Le pois d’hiver avec des rendements allant de 0 à 30 q/ha a été fortement pénalisé par les bactérioses dues au contexte climatique exceptionnel et par les maladies mal maîtrisées qui ont également touché les pois de printemps.

Seul le sud de la France, avec plus de 30 q/ha, obtient des résultats satisfaisants », calcule FranceAgriMer. La production totale est estimée autour de 0,49 Mt contre 0,66 Mt en 2015, malgré la hausse des surfaces. Les rendements sont en forte baisse dans de nombreuses régions (Centre, île de France, Bourgogne Franche-Comté, Normandie, Grand Est).

La féverole avec un nombre d’étages de gousses fructifères parfois inférieur de moitié à la normale a été également très fortement handicapée par les maladies. Les rendements ne dépassent pas, en général, 20 à 25 q/ha.

I.E.

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