C’était l’une des dernières annonces du gouvernement pour calmer la gronde agricole le 9 janvier. La ministre de l’Agriculture annonçait le déblocage d’un plan de soutien au secteur des grandes cultures, avec une enveloppe de 40 millions d'euros.  En déplacement dans la Nièvre, jeudi 29 janvier 2026, sur une exploitation céréalière de Tronsangues, Annie Genevard a formalisé la mesure, qui comprend un « fonds d'urgence de 35 millions d'euros », complété par une enveloppe de 5 millions d'euros qui servira « à l’allègement des charges, à la prise en charge de cotisations ».

En présence d'acteurs agricoles locaux, la ministre a signé une circulaire à destination des préfets, pour qu’ils puissent mettre en œuvre le plan de soutien « le plus rapidement possible », après la promulgation de la loi.

Selon l’Association générale des producteurs de blé (AGPB), « les aides du fonds d’urgence seront déclinées aux plus près des réalités du terrain, et notamment des zones à moindre potentiel, par l’activation de cellules de crises au niveau départemental. »

Dans un communiqué diffusé dans la foulée, la section céréalière de la FNSEA salue une activation d’un fond d’urgence qui acte « une prise de conscience de la réalité économique catastrophique des céréaliers français. » Mais le syndicat estime que « cette aide sera insuffisante en l’absence d’une action européenne cohérente ». 

Inscrit dans le projet de budget pour 2026, le plan de soutien reste conditionné à la promulgation du texte. Jeudi 29 janvier, les sénateurs ont voté une motion de rejet du projet de loi de finances. Au programme des députés dès vendredi 30 janvier à 9h, le Premier ministre Sébastien Lecornu a déclenché un ultime « 49.3 » pour faire adopter le texte définitivement, engageant encore la responsabilité du gouvernement sur le budget de l'Etat. Selon nos confrères de France Info, l'examen des motions de censure découlant de ce « 49.3 » et, donc, l'adoption définitive du budget 2026 devraient avoir lieu en début de semaine prochaine.