Dimanche, dans un Intermarché Express d’Ivry-sur-Seine, près de Paris, il était impossible de mettre la main sur une boîte de six ou de douze œufs. « Nous faisons face à une rupture temporaire », indiquait un message accroché au-dessus de rangées désertées, invoquant « intempéries récentes » et « sous-capacités de production » au niveau national.

L’interprofession a alerté sur les tensions d’approvisionnement

Dans d’autres points de ventes, à l’instar d’un Monoprix du centre de la capitale lundi, les étalages sont parfois simplement clairsemés. Depuis des mois, l’interprofession des œufs, le CNPO, alerte sur les tensions d’approvisionnement face à la hausse de la demande pour ces protéines davantage plébiscitées pour leur bas coût et leur bonne réputation pour la santé.

« En ce début d'année 2026, la tension est montée d’un cran avec la concomitance de la traditionnelle hausse de l’utilisation des œufs durant la période des fêtes et des galettes et l’inattendu épisode neigeux qui a momentanément paralysé les approvisionnements des rayons », a commenté le CNPO dans un communiqué de presse diffusé le lundi 12 janvier 2026.

La logistique perturbée par la neige et la tempête Goretti

Le phénomène observé dans « toutes les enseignes » ces derniers jours découle des « difficultés posées à la logistique du fait de la neige dans un premier temps, suivie de la tempête [Goretti, NDLR] sur tout le Nord-Ouest », a abondé la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), l’organisation patronale de la grande distribution, sollicitée par l’AFP.

« Le flux [concernant les œufs] est tellement tendu qu’à la moindre contrariété, il y a des répercussions », ajoute la FCD. Pas question pour autant de parler de « pénurie » d’œufs, insiste la FCD, mettant en avant une hausse de 6 % des volumes commercialisés en grandes surfaces par rapport à 2024. En faisant circuler cette notion de pénurie, les médias peuvent en outre pousser les consommateurs à acheter plus de boîtes que d’habitude, vidant d’autant les rayons.

300 poulaillers à construire d’ici à 2030

De son côté, la filière des œufs a mis en place des mesures pour répondre à la croissance de la demande, notamment en prolongeant la durée de vie de poules pondeuses. Elle milite pour un assouplissement de la réglementation afin de favoriser la construction de nouveaux poulaillers, avec un objectif de 300 nouveaux bâtiments d’ici à 2030.