« La tendance à l’augmentation des températures se confirme d’année en année. Ce début 2026 en est caractéristique », a indiqué Iñaki Garcia de Cortazar-Atauri, directeur de l’unité AgroClim à l’Inrae Provence-Alpes-Côte d'Azur, lors d’un point à la presse consacré aux conditions météorologiques, le 20 mars 2026.
Il remarque que cette hausse des températures s’accompagne de plus en plus, depuis cinq à six ans, « d’aléas climatiques de différentes natures qui peuvent avoir un impact direct sur la production et le bon fonctionnement des différentes espèces. » Jusqu’au mois de décembre 2025, « il a fait froid », explique-t-il, permettant la vernalisation. Et à partir de janvier 2026, les températures ont commencé à « vraiment augmenter. » La moitié nord de la France est particulièrement concernée, avec une anomalie positive des températures par rapport à la référence de 1991-2020, avec des valeurs « supérieures à 2 degrés dans certains secteurs », précise l’expert de l’Inrae.
Le stade épi 1 cm en avance chez les céréales
En conséquence, les cultures présentent une avancée générale de cycle. Ce que confirme FranceAgriMer dans son dernier bulletin Céré’Obs, paru le 20 mars : 74 % du blé tendre avait atteint le stade épi 1 cm au 16 mars 2026, contre 37 % en moyenne quinquennale. De même en orge où 75 % des parcelles avaient atteint ce stade, contre 34 % en moyenne quinquennale, et en blé dur avec 63 % de la surface au stade épi 1 cm, contre 44 % en moyenne quinquennale. Ce stade était atteint par 19 % de l’orge de printemps, contre 2 % en moyenne quinquennale.
Blé tendre #intensity
— Emmanuel (@EmmanuelSagot) March 19, 2026
Semis debut novembre
C’etait inondé il y a quelques semaines. Bien reparti pic.twitter.com/uonsyD8Tza
Néanmoins, « nous ne sommes pas encore sorties de la période à risque de températures négatives et de gel, prévient Iñaki Garcia de Cortazar-Atauri. C’est une tendance que l’on voit de plus en plus apparaître ces dix à quinze dernières années. » Cela s’était notamment produit en 2021 puis en 2022.
L’avancée de la végétation s’accompagne d’une évolution très marquée de la pluviométrie, avec des cumuls « exceptionnels » à l’échelle nationale. Il y a encore quelques semaines, la situation restait assez contrastée entre le nord et l’est de la France qui étaient plutôt en déficit hydrique, tandis que la zone ouest avait connu des cumuls importants. « Les pluviométries des derniers jours ont rééquilibré la situation. Les cumuls commencent à être proches des normales dans les régions du nord », ajoute le spécialiste. Cependant, cela « n’écarte pas les risques de sécheresse au printemps ni les canicules en été », complète-t-il.
Les excès d’eau sur les céréales inquiètent (16/02/26)
Des conditions similaires à celles de 2024
Pour l’instant, les conditions climatiques de 2026 sont similaires à celles observées début 2024, qui avait commencé par un hiver très doux suivi par un printemps pluvieux. Les regards sont donc braqués sur l’évolution des précipitations de ces prochaines semaines. « Une pluviométrie importante au printemps a un impact sur la productivité [des cultures]. C’est ce qu’on avait observé en 2024 », résume Iñaki Garcia de Cortazar-Atauri. Les rendements de la moisson 2024, en blé notamment, avaient été catastrophiques, en lien, selon l’expert, avec le développement des maladies favorisées par le climat. À cela s’était ajouté, durant l’été, un faible rayonnement.
Même s’il a fait froid fin 2025, l’hiver 2026 a été très doux. « Le printemps 2026 ne fait que commencer, mais on a déjà une fin d’hiver très pluvieuse, constate Iñaki Garcia de Cortazar-Atauri. Le potentiel de risque de maladies est plus élevé quand les conditions sont là. »
Des gelées la semaines prochaine et du temps sec .
— Visio-Crop (@VisioCrop) March 20, 2026
Bien pour le risque maladie, mais pas top pour les céréales .... pic.twitter.com/Fk58rb1W6u
Pour l’heure, l’état des cultures est très correct. Selon Céré’Obs, 84 % du blé tendre connaît des conditions « bonnes à très bonnes » (74 % en 2025 à date), 81 % en orge d’hiver (70 % en 2025), 81 % également en blé dur (80 % en 2025) et 95 % en orge de printemps (97 % en 2025).
Une orge de printemps semé a l automne qui me plait bien #allegro pic.twitter.com/FYYHlVG6PO
— Choiselat Frédéric 🌻🍭🌿...🐝🐞 (@ChoiselatF) March 15, 2026