Le taux d’autoapprovisionnement en fraise de la France a augmenté ces dernières années, passant d’à peine 30 % il y a vingt ans à environ 50 % actuellement. Et ce en dépit de la concurrence européenne, provenant d’Espagne principalement, mais aussi d’Allemagne, Belgique, ou encore des Pays-Bas.
« Depuis une quinzaine d’années, on reprend petit à petit des parts de marché », a exposé Xavier Mas, président de l’AOPn Fraises et framboises de France et producteur dans le Lot-et-Garonne, le 24 février 2026 au salon de l’Agriculture.
De vieilles variétés
« Il y a plus de 25 ans, nous étions en concurrence directe avec nos homologues espagnols principalement, et la guerre se faisait uniquement sur le prix », retrace-t-il. Or en France, « tout le monde le sait », les contraintes normatives sont plus élevées qu’à l’étranger et diminuent la compétitivité.
Mais depuis, une stratégie de différenciation a été mise en place par la filière fraise. « Nous nous sommes basés sur la valorisation de vieilles variétés que l’on cultivait », explique-t-il. La Gariguette par exemple, variété très appréciée pour sa chaire parfumée, a été créée en 1976 : elle fête ses 50 ans. « Nous avons eu une bonne réponse des consommateurs », salue-t-il. Il souligne que ces variétés sont aussi beaucoup plus fragiles que les produits d’importation. « Petit à petit, nous avons réussi à segmenter le marché, à y apporter de la valeur ajoutée. Aujourd’hui, il y a une réelle différenciation par le consommateur sur le produit d’origine France. »
« Des investissements très lourds »
« Tout cela s’est fait au prix d’efforts et d’investissements très lourds au niveau de la production », souligne toutefois Xavier Mas, qui pointe le risque associé. Mais « jusqu’à maintenant, c’est plutôt une réussite ».
Le cas de la fraise « nous fait tous rêver », déclare Daniel Sauvaitre, président de l’interprofession Interfel. Tous fruits et légumes confondus, le taux d’autoapprovisionnement est de 54,3 % (moyenne 2021-2023) selon Interfel, en baisse de 12 points en 20 ans. Il est de 66,7 % lorsqu’on exclut les agrumes, bananes et produits exotiques que l’on ne peut pas cultiver sous nos latitudes. Le plan de souveraineté pour la filière, lancé en 2023, a pour objectif de faire gagner cinq points de souveraineté en fruits et légumes d’ici à 2030, et dix d’ici à 2035.