Des vaches et de l’herbe, beaucoup d’herbe, le plus possible. Voilà comment David Hay, producteur de lait à Pommerieux, dans le sud de la Mayenne, conçoit et s’épanouit dans son métier. « J’ai découvert les systèmes herbagers en préparant mon installation, et ça a été une révélation. Ce sont des systèmes à la fois simples et techniques, qui m’ont tout de suite intéressé », explique ce petit-fils et neveu d’éleveur installé depuis 2018, après une carrière de dix-huit ans dans l’industrie mécanique. Il reprend alors un troupeau de race prim’holstein et 45,5 hectares : « La ferme était en conventionnel, mais elle avait l’atout d’un parcellaire groupé et déjà 20 ha de prairies pour développer un système herbager. Après quatre ans de recherche, c’est ce qui m’a décidé. »

L’un des premiers chantiers de David, mené durant deux ans, a été de convertir les terres à l’agriculture biologique. Aujourd’hui, 42 ha sont occupés par des prairies : 15 ha de permanentes et 27 ha de temporaires (ray-grass anglais, trèfle blanc, fétuque et fléole). Trois hectares de mélanges céréaliers complètent l’assolement.
Viser rusticité et aspects sanitaires
Côté troupeau, l’éleveur s’est lancé dès 2019 dans les croisements d’absorption trois voies. Concrètement, il croise les prim’holsteins avec des taureaux jersiais et les génisses de renouvellement issues de ces croisements avec du rouge scandinave. Ensuite, il repart avec du prim’holstein. Les taureaux jersiais apportent de la matière grasse. Ils sont également intéressants pour « casser le gabarit des prim’holsteins », afin de produire des animaux plus petits et légers. Quant aux bovins de race rouge scandinave, « ils renforcent la santé de la mamelle ». « D’un côté, on travaille sur la rusticité des animaux, leur plus grande adaptabilité à un système herbager. De l’autre, on agit sur les aspects sanitaires, avec une réduction des frais vétérinaires et de reproduction en ligne de mire », explique l’agriculteur.
Dans un système herbager, l’objectif premier est de faire pâturer les animaux le plus longtemps possible. David Hay laisse les vaches dehors onze mois sur douze. « Je les rentre fin décembre ou début janvier. Un mois plus tard, elles ressortent en journée puis, fin février ou début mars, jour et nuit. » Le pâturage couvre les trois quarts des besoins du troupeau et le foin, un quart, avec 80 tonnes récoltées par an.

Huit ans à peine après son installation, David Hay considère que son système est désormais « bien calé ». La ferme produit 220 000 l de lait par an, soit une moyenne de 5 800 l par vache, « à 35 pour le taux protéique (TP) et 46 pour le taux butyreux (TB) en 2024 ». Tous les deux jours, ce lait est collecté par la coopérative Lait bio du Maine. Il est certifié Lait de foin parce qu’il répond au cahier des charges de cette Spécialité traditionnelle garantie (STG), qui « prévoit en particulier une alimentation avec au moins 75 % d’herbe ou de foin et interdit les aliments fermentés et les OGM », précise l’éleveur.
Point fort : le temps de travail
Alliée à la transformation fromagère (1), cette certification apporte de la stabilité à l’exploitation. Elle participe à « sa durabilité », apprécie l’éleveur, qui met en avant d’autres atouts de son système herbager comme la faiblesse des charges de mécanisation. Il détient peu de matériels en propre : une pailleuse, une faneuse, deux tracteurs (65 et 100 ch) avec chargeur et un rouleau pour tasser les semis de prairies. Pour faucher et presser le foin, récolter les mélanges céréaliers, David travaille en Cuma.
Autre point fort : le temps de travail, 35 heures par semaine en temps normal et 50 heures en période de foin ou de vêlages. Les travaux d’astreinte occupent David 2 h 30 le matin et 2 h 00 le soir.