Après avoir instauré des droits de douane « provisoires » sur les produits laitiers européens de 21,9 % à 42,7 %, entrés en vigueur en décembre 2025, la Chine a annoncé jeudi 12 février 2026 qu’elle allait finalement imposer des droits de douane sensiblement moins élevés, compris entre 7,4 % à 11,7 %. Ils concernent toute une série de produits, notamment les fromages frais et transformés, les fromages bleus ainsi que certains laits et crèmes. Ils sont appliqués à partir de vendredi 13 février 2026 pour une durée de cinq ans.

« Nous prenons acte des conclusions publiées » jeudi par les autorités chinoises, ont écrit vendredi dans un communiqué commun le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, et celui du Commerce extérieur, Nicolas Forissier. « Ces droits demeurent pénalisants pour nos producteurs et pour la compétitivité de nos exportations sur un marché stratégique », déplorent-ils, soulignant qu’ils « concernent un volume d’échanges évalué à près de 430 millions d’euros ».

Des relations tendues

Les deux ministres dénoncent les accusations « infondées » portées par les autorités chinoises, qui disent avoir pris ces mesures à l’issue d’une enquête antisubventions lancée en août 2024. Les Européens voient cette procédure comme une mesure de rétorsion, car elle avait été décidée au lendemain de l’annonce par l’Union européenne de sa décision d’imposer des droits de douane élevés sur les véhicules électriques fabriqués en Chine.

« Nous continuons à contester le principe même de cette enquête », écrivent les ministres. « Les autorités françaises et européennes ont, dès l’origine, défendu le caractère injustifié de cette procédure. Elles continueront de le faire avec détermination, y compris au niveau de l’OMC », disent-ils. « Nos producteurs doivent pouvoir exporter dans un cadre transparent, non discriminatoire et respectueux des règles du commerce international », ajoutent-ils.

Les relations commerciales entre l’Union européenne et la Chine sont sous tension depuis 2024. Après le bras de fer sur l’automobile, Pékin a également ciblé les importations de cognac et autres brandys européens. L’Union européenne reproche aussi à la Chine d’entretenir à coup de subventions d’énormes surcapacités dans la production d’acier, qui mettent en péril l’industrie européenne.