« Depuis quelques années, nous nous amusons à ouvrir notre bâtiment », sourit Marc Rouzé, éleveur laitier dans le Nord-Pas-de-Calais, à Coutiches. Marc et sa femme Véronique préparent la transmission de l’exploitation à leurs deux enfants, Quentin et Alice. Avec l’agrandissement à venir du troupeau, la question du stress thermique en bâtiment devient centrale.

La famille est installée sur 139 ha et conduit un troupeau de 100 vaches laitières prim’holsteins à la traite. Elles devraient être 130 têtes d’ici à trois ans. À côté du million de litres livrés chaque année à Lactalis, un atelier de transformation à la ferme valorise 100 000 litres en yaourts.

Marc plante le décor. « Depuis quelques années, les températures estivales grimpent plus qu’avant. Nous avons ainsi engagé des réflexions autour du stress thermique en bâtiment. Notre principal problème, c’est l’environnement du double hangar principal de 60 m de longueur.

Il abrite l’aire paillée des laitières d’un côté et les génisses de l’autre. Au fil du temps, nous avons ajouté une nurserie au nord, un hangar de stockage à l’ouest… Autant d’éléments qui freinent la circulation de l’air. »

Circulation naturelle de l’air

Avant d’installer des ventilateurs, les éleveurs ont d’abord travaillé sur la circulation naturelle de l’air. Ils ont enlevé le bardage au niveau du décalage de toiture entre les deux hangars accolés, permettant d’évacuer la chaleur par le haut.

Le pignon a également été ouvert. Chaque été, le Gaec démonte une partie des bardages et des bâches sur les longueurs du bâtiment, ne laissant que 2,4 m de mur. Du côté sud, le bardage disparaît sur toute la longueur du bâtiment.

Du côté nord, les éleveurs retirent les bâches sur six travées, l’ouverture complète étant limitée par la présence de la nurserie. « Le chantier nous prend une journée, cela se fait bien car nous avons une nacelle », explique Quentin.

Un ventilateur tous les 6 m au-dessus de l’aire paillée

Ce système va évoluer au profit de rideaux enroulables en 2026. « Nous ajouterons ce chantier à l’installation de 119 logettes », indique Marc. Le coût de cette installation plus adaptée aux besoins est d’environ 36 000 €. Il reste primordial de protéger le bâtiment en hiver avec le vent du nord et la neige.

Pour compléter la ventilation naturelle, le Gaec a installé un ventilateur tous les 6 m au-dessus de l’aire paillée. Cette technique n’est efficace que s’ils sont répartis de manière homogène et si l’air est dirigé directement sur les flancs de l’animal.

Bertrand Fagoo, spécialiste en bâtiments d’élevage chez Idele, conseille une vitesse d’air de 1 m/s projeté sur 12 m. « En été, ils tournent tout le temps, témoigne Quentin. Ils améliorent la circulation naturelle et assèchent la litière. » Du côté de la consommation d’électricité, compter entre 150 et 300 € par ventilateur et par an, en fonction des modèles.