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Dossier 3. Valoriser le patrimoine local

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Basco-béarnaise. © Cédric FAIMALI / GFA

Le lycée pyrénéen d’Oloron-Sainte-Marie mise sur les races locales et la valorisation des filières.

Avec un cheptel de 450 brebis basco-béarnaises, le lycée d’Oloron-Sainte-Marie (64) est l’un des deux seuls établissements en France à élever des brebis laitières. « On a l’avantage de travailler avec une race typique de la région », s’enthousiasme Marion Sacaze, élève en classe de terminale CGEA (Conduite et gestion de l’exploitation).

Afin de préserver le patrimoine régional et transmettre l’engouement des métiers de la montagne, le lycée a axé son enseignement sur le développement de cette filière au niveau local. Plus de 75 % des 95 000 l de lait produits annuellement servent à la transformation de 13 t de fromage « Ossau Iraty ». L’exploitation du lycée présente, par ailleurs, la singularité de regrouper quatre corps de métier différents : éleveur, transformateur, affineur et vendeur. « Nous souhaitons faire découvrir à nos élèves le large panorama des activités qui gravitent autour d’une exploitation », explique Pierre Chéret, proviseur adjoint.

Valeur ajoutée

L’établissement compte deux productions labélisées : l’AOP « Ossau Iraty » et le Label rouge « Agneaux de lait des Pyrénées ». « La question des signes de qualité est essentielle dans l’enseignement, cela permet d’initier les élèves au respect d’un cahier des charges rigoureux », indique Mathilde Poivre, responsable de l’exploitation du lycée. C’est aussi une manière de promouvoir le bien-être animal (par exemple, avec l’interdiction de traire les brebis durant cent jours dans l’année) et d’encourager une agriculture axée sur la valeur ajoutée, dans un contexte économique très tendu.

Pour susciter la curiosité des élèves, de nombreux modules sont prévus tel que le MAP (1) « Fromage » qui permet aux lycéens de participer aux étapes de transformation et d’affinage. Par ailleurs, de nombreuses séances de travaux pratiques sont organisées pour manipuler les animaux, pratiquer des soins… « L’objectif est de les aider à appréhender les risques du métier et leur inculquer des réflexes de sécurité », signale Pierre Chéret. Au cours de leur parcours scolaire, les élèves sont amenés à s’impliquer dans la vie du troupeau au travers de stages. Par exemple, la traite des brebis pour les classes de première ou les agnelages pour les terminales. Durant leur temps libre, des élèves prennent part volontairement aux travaux de la ferme. « Ce sont des passionnés. A chaque pause, ils me retrouvent à la bergerie pour en apprendre toujours davantage », se réjouit Mathilde Poivre. Une motivation qui pousse les jeunes à participer à des concours départementaux et régionaux. Le lycée compte d’ailleurs parmi ses effectifs la championne départementale des ovinpiades.

Claire Dufrène

(1) Module d’adaptation professionnelle.

Impliquer les élèves dans la renaissance d’une race régionale

L’exploitation du lycée agricole d’Oloron-Sainte-Marie (64) élève une petite dizaine de vaches béarnaises. La diversité des productions de l’établissement permet aux élèves de se familiariser à la conduite d’un élevage allaitant. Autre atout : la participation des lycéens aux foires, afin de faire découvrir au grand public cette race régionale qui a failli disparaître dans les années soixante. Le lycée est d’ailleurs membre de l’Association de la vache béarnaise, qui lutte pour sa préservation. Au cours de ces manifestations, les lycéens réalisent notamment des démonstrations de travaux à l’ancienne avec les animaux. « C’est une opportunité pour échanger avec d’autres agriculteurs, cela nous apporte une bonne ouverture d’esprit », apprécie Robin Garceau, élève de bac pro.

© Claire Dufrène
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Cet article est paru dans La France Agricole

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