Marine a la « bougeotte ». À 19 ans, elle s’apprête à partir une troisième fois à l’étranger. Etudiante en BTSA « Agronomie et productions végétales » à l’Institut de Genech, près de Lille, elle doit réaliser entre douze et seize semaines de stages. Forte d’une première expérience réussie sur une exploitation irlandaise alors qu’elle était en terminale, elle a voulu réitérer l’expérience. Pour sa première année de BTSA, elle a réalisé un stage de quatre semaines aux Pays-Bas et s’apprête à partir, l’été prochain, douze semaines au Canada.

Plus-value

« L’envie de découvrir tout en se découvrant soi-même » l’a motivée pour franchir les frontières. Plus autonome et plus confiante, elle estime avoir « grandi ». Outre l’apport de ces expériences sur un plan personnel, elle estime qu’elles constitueront « une plus-value pour intégrer une école d’ingénieur en apprentissage ». Son CV « plus attrayant » grâce à ses mobilités internationales sera un atout bienvenu dans la quête d’un employeur susceptible de l’accueillir.

« Il suffit de se lancer »

Pour ses stages à l’étranger, elle a bénéficié du réseau de l’Institut de Genech. C’est à l’occasion d’une rencontre avec un partenaire hollandais que Marine a trouvé son stage « dans l’une des plus grandes exploitations d’hydroponie des Pays-Bas ». « J’étais peut-être partie trop confiante au début, les premiers jours ont été difficiles. » Travaillant notamment avec des collègues roumains, elle a vite été confrontée à la barrière de la langue. Sans s’avouer vaincue, elle a pris cela comme un défi et a décidé d’apprendre quelques notions de roumain. Tout en s’aidant par gestes et grâce à une fiche de vocabulaire usuel au fond de sa poche, elle est parvenue à se faire comprendre. « Je ne regrette pas. C’est important de sortir de sa zone de confort. Je suis beaucoup plus autonome aujourd’hui ». Elle prévient : « Partir à l’étranger peut paraître effrayant, mais il suffit de se lancer pour se rendre compte que l’on réussit toujours à communiquer, et la suite ne peut être que bénéfique. »

Experte
« Des aides financières peuvent être demandées » Florence Candau Responsable des stages à l’étranger à l’institut de Genech (59)

«Il existe 3 échelons d’aides cumulables qui peuvent être mobilisés à l’occasion d’un stage à l’étranger : l’échelon européen avec Erasmus +, le ministère de l’Agriculture et les Régions.

La subvention Erasmus + n’est destinée qu’à ceux qui partent au moins deux mois en stage. C’est une aide mensuelle qui peut varier de 350 € à 450 €.

Pour ceux qui partent à l’occasion de séjours plus courts, ils peuvent demander une bourse du ministère de l’Agriculture. Dans notre établissement, nos étudiants reçoivent une bourse de 120 €. Avant, on arrivait à obtenir 350 € par stagiaire. Cela reste assez peu et ne couvre parfois même pas le coût du billet d’avion.

À côté, une aide des collectivités peut être demandée. Elle est très différente d’une région à l’autre. Dans les Hauts-de-France, une “bourse Mermoz” a récemment été mise en place. Celle-ci est seulement limitée aux étudiants déjà boursiers au titre de leurs études.

Enfin, je demande aux jeunes d’aller voir dans leur mairie également. Certaines communes consacrent un fonds social destiné aux jeunes. Des stagiaires ont ainsi réussi à obtenir entre 100 et 150 € par ce biais. »