« Toute votre année se joue 100 jours avant le vêlage », s’exclame Guillaume Loustau, responsable du service bovin viande de la chambre d’agriculture du Lot. Il dirigeait, en novembre dernier, une formation à la chambre d’agriculture du Tarn-et-Garonne, intitulée « Des minéraux pour plus de veaux ».
Des bonnes pratiques à enclencher très tôt
Avec un principe simple : « Il faut bien minéraliser les vaches pour avoir davantage de veaux et que ceux-ci naissent en bonne santé, résume-t-il. Avec des carences en minéraux, les vaches ne vont pas bien se délivrer, et parfois ne pas avoir de chaleur pendant 3 à 4 mois après le vêlage. Sans bonne minéralisation de la vache, celle-ci peut avoir un ou deux veaux en moins sur une carrière de 10 ans. »
Les bonnes pratiques s’enclenchent très tôt, bien avant la mise bas. « Une vache bien préparée, elle vêle sans assistance et son colostrum est de qualité, ce qui a de réelles conséquences positives sur le veau. »
Les études montrent aussi qu’une grosse part du transfert entre la vache et son veau se réalise via le placenta. « Or, il faut 40 jours entre l’absorption par la mère et le transfert au fœtus, reprend le Lotois. Donc si on attaque 100 jours avant le vêlage, il y aura 60 jours de transfert, ce qui est bien. »
Dans l’idéal, « tous les minéraux doivent être couverts. Le mieux est donc de faire analyser ses différents types de fourrage, par chimie ». Une analyse relativement coûteuse, mais qui va permettre de connaître la concentration de 9 minéraux, d’oligo-éléments et de métaux. « Ça permet de ne pas avoir de carence ni de surdose », souligne l’expert.
Sélénium, iode et vitamine E
Dans tous les cas, « le strict minimum est d’avoir un apport suffisant en sélénium, iode et vitamine E », éclaire-t-il. Ce, d’autant que les deux premiers ne se trouvent jamais en quantité suffisante dans les sols. L’iode, « c’est ce qui fait fonctionner la thyroïde. Or, c’est la métronome : si elle fonctionne mal, on aura un bovin moins efficace. » Le mieux est alors d’acheter du sel iodé dosé a minima à 300 mg/kg.
Le sélénium et la vitamine E, pour leur part, sont des anti-oxydants qui « boostent le système immunitaire », explique le responsable. Pour le sélénium, il faut viser 3 mg par jour et par bovin et une concentration minimum de 30 mg/kg. Pour la vitamine E, la cible est au moins 800 UI (unités internationales) par kg pour un apport quotidien d’environ 200 UI. Il conseille « d’acheter des pierres de sel enrichies de ces trois minéraux. Le retour sur investissement ne fait aucun doute ».
Autre apport à regarder de près : le magnésium. « Si la vache en manque, il peut y avoir de gros soucis de vêlage », témoigne Guillaume Loustau. Au moment de la mise bas, le rapport potassium/magnésium doit être inférieur à 8. Et supérieur à 12 lors de l’entrée en lactation, au risque de freiner la production laitière. Rappelons que le foin contient relativement peu de potassium, au contraire du fourrage fermenté ou des légumineuses.
Il ajoute : « Je ne parle de minéralisation qu’à partir du moment où il y a suffisamment d’eau et de sel. » Le minimum est de 60 l d’eau par jour pour un bovin allaitant et 60 g de sel. Dans les deux cas, « il faut prévoir suffisamment d’accès pour couvrir les besoins ».