Lors d’un point avec la presse professionnelle agricole, mardi 20 janvier 2026, Annie Genevard, la ministre de l’Agriculture, a affirmé qu’elle faisait de l'indexation du budget de la prochaine Politique agricole commune sur l'inflation « l’une de ses priorités ».
Selon la ministre, de nouvelles dépenses sont à prévoir dans le budget européen. Elle entend poursuivre ses négociations avec Bruxelles pour une prise en compte de l’inflation pour le prochain budget de la Pac. « Je ne sais pas si on y arrivera », précise-t-elle.
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La ministre a aussi abordé la question du cofinancement des aides de la Pac. « Avant, il existait des mesures qui étaient financées à 100 % [par l’Union européenne] et des aides cofinancés par les États eux-mêmes. Désormais, ces dernières vont augmenter, explique Annie Genevard. Dans la nouvelle Pac, il est prévu qu’une contrepartie obligatoire de 30 % soit requise. » Selon elle, diminuer la part de cofinancement constitue un « point de négociation essentiel ».
« Aujourd’hui, les choses vont évoluer sous la pression des États »
Si la réforme de la Pac divise, la majorité des États s’accordent sur la nécessité d’un budget fort. Ainsi, la prise en compte de l’inflation conviendrait à une bonne partie des pays de l’Union européenne. « Aujourd’hui, les choses vont évoluer sous la pression des États », commente la ministre de l’Agriculture.
Selon Annie Genevard, au sujet de la Pac 2028-2034, deux importantes dispositions pourraient « faire bouger les lignes » : le déblocage anticipé de 45 milliards d’euros (dont trois milliards d’euros pour la France) et une réserve de 10 % allouée au développement rural (services ou infrastructures).
« Je pense qu’il faut pouvoir pêcher dans ce fonds »
Par ailleurs, la ministre de l’Agriculture a affiché son intérêt pour le fonds de compétitivité que prévoit le projet de budget de l'Union européenne pour 2028-2034. « Je pense qu’il faut pouvoir pêcher dans ce fonds pour les dépenses qui ont un rapport avec l’agriculture ou l’agroalimentaire », a-t-elle déclaré.
De son côté, Sébastien Lecornu a assuré que « pas un seul centime ne doit manquer » par rapport au budget actuel. Dans une lettre ouverte, au début de janvier 2026, le Premier ministre français a affirmé que « le budget de la Pac ne baissera pas, ni aujourd’hui, ni demain ».