19h40 : Le bilan des agriculteurs reçus par le ministère

Voici les principaux points recueillis à la sortie des représentants reçus par le ministre et par la secrétaire générale adjointe du président de la République :

  • Agribashing. : une convention va être signée entre le ministère de l’Intérieur, la gendarmerie et le syndicalisme pour lutter contre les escalades d’actions anti-agriculteurs (cf. incendies dans la Drôme) et renforcer la surveillance et la prévention.
  • ZNT, phytos : « Si la science dit zéro, le gouvernement suivra », résume Christiane Lambert, présidente de la FNSEA. Le gouvernement s’est engagé à suivre les recommandations de l’Anses sur les ZNT et à mettre en place des recommandations en fonction de l’utilisation de filets, buses anti-dérive, mur, panneaux, etc. L’arrêté est en cours d’écriture.
  • EGA : « Le président sera intraitable vis-à-vis des acteurs qui ne joueront pas le jeu. Les sanctions tomberont », explique le président de Jeunes Agriculteurs, Samuel Vandaele, à la sortie de l’entretien.

Une rencontre est prévue dans la matinée du mardi 3 décembre avec le Premier ministre pour évoquer ces problématiques ainsi que toutes les autres. « Nous avons avancé, oui », réagit Christiane Lambert. « Nous demandons de suspendre le mouvement. Nous reviendrons vers nos troupes mardi. »

17h30 : mobilisation en cours à Tours

Du côté de Tours, des cortèges se préparent à rejoindre le centre-ville.

Convois en cours sur le centre-ville de Tours. © JA Maine-et-Loire

Une rencontre avec la préfète est prévue pour le début de la soirée. Beaucoup de viticulteurs sont notamment présents pour aborder le sujet du glyphosate et des ZNT.

17h00 : le ministre reçoit les représentants syndicaux

Le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, reçoit les représentants des syndicats agricoles.

16h30 : la CR 47 apporte son soutien aux agriculteurs mobilisés

Par communiqué de presse, la Coordination rurale du Lot-et-Garonne a fait savoir qu’elle apportait son soutien aux agriculteurs mobilisés aujourd’hui.

16h00 : blocages maintenus sur Lyon et Paris

Sur Lyon, les deux points de blocage sur l’A6 et l’A42 sont maintenus en cette fin de journée. Jeremy Giroud, secrétaire général des JA Aura, assure que la pression ne faiblit pas. « S’il n’y a pas de rendez-vous avec le gouvernement, nous n’excluons pas de continuer. Pourquoi pas rejoindre nos collègues sur Paris ? »

Dans la capitale, les périphériques continuent d’être bloqués jusqu’à nouvel ordre.

15h00 : Didier Guillaume interrogé au Sénat

Lors de la séance de questions au gouvernement, le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, a été interpellé à propos des manifestations à Paris et en province. Selon lui, 1 086 tracteurs ont été comptabilisés dans la capitale, « un chiffre important pour une très grosse mobilisation ».

Le ministre a déclaré recevoir dans l’après-midi les manifestants.

12h00 : tractage sur Lyon

Du côté de Lyon, des barrages ont également été organisés avec une trentaine de tracteurs présents et plus d’une centaine d’adhérents présents. « Nous voulons le retour financier sur nos exploitations […] sans augmenter le prix pour les consommateurs », explique Morgan Merle, président des JA de l’Ain. À cet effet, les agriculteurs ont prévu une distribution de tracts pour les automobilistes. Nicolas Merle prévient que les agriculteurs se sont organisés et préparés à rester s’il le fallait.

11h30 : en attente d’une réponse présidentielle

Au micro de BFM TV, Samuel Vandaele, président des JA, a exprimé l’attente d’une « prise de parole forte sur la transposition des normes, sur les ZNT, sur le prix et la suite des EGAlim » de la part du président Macron.

Samuel Vandaele, président des Jeunes Agriculteurs. © BFM TV

Selon, Damien Greffin, président de la FRNBP, le président de la République « doit rassembler les Français. Il n’y a que lui qui puisse le faire. »

11h00 : 250 agriculteurs sur les Champs-Elysées

Cyrille Millard, président de la FDSEA de la Seine-et-Marne, a pris la parole afin de faire entendre les revendications du syndicat : amélioration de leur revenu dans le prolongement des EGAlim, arrêt des distorsions de concurrence lié aux traités de libre-échange, fin de l’agribashing et abandon des nouvelles réglementations sur les ZNT.

Selon Élisa Despiney, chargé de la communication à la FDSEA Île-de-France, les agriculteurs n’entendent pas quitter leur position avant d’avoir obtenu un rendez-vous avec Emmanuel Macron.

La CGB (Confédération générale des planteurs de betteraves) a aussi relayé cet appel à manifester.

10h30 : « Macron, réponds ! », périphériques bloqués à Paris

Plus de mille tracteurs venus du Nord Bassin parisien ont pris possession des périphériques de Paris en matinée.

Blocage des périphériques en tracteur. © JA IDF Ouest

Arborant le slogan « Macron, réponds ! », les mille tracteurs présents ont fini par bloquer toute la circulation sur l’axe périphérique de Paris sans intention d’en bouger sans retour de la part du président Macron.

10h00 : barrage filtrant et contrôle de l’origine des produits

Du côté de Clermont-Ferrand, une opération de barrage filtrant a lieu depuis ce matin au niveau de l’A71.

Contrôle de l’origine des produits au barrage pour les camions. © FDSEA43

150 participants et une trentaine de tracteurs bloquaient le barrage de l’A71 en direction de Paris ce matin. L’origine des produits de tous les camions frigorifiques a été vérifiée tandis que les usagers ont reçu des tracts sur les revendications portées par les syndicats.

Thierry Cubizolles, président de la FDSEA de la Haute-Loire, explique « arrêtons d’importer ce qui ne répond pas à nos standards. Il nous faut un seul et même discours qui ait du sens pour nos agriculteurs. Le gouvernement doit appliquer la loi EGAlim et construire le prix en avant ».

Autre point sensible, l’agribashing à propos duquel Thierry Cubizolles affirme vouloir « des réponses fortes face à cet intégrisme. Nous n’avons rien à cacher, nos exploitations agricoles sont ouvertes. »

Sans réponse du gouvernement, l’agriculteur entend continuer la pression : « Nous aviserons, nous avons d’autres cibles », promet-il.

Les agriculteurs sont attendus au début de l’après-midi pour rencontrer leur Draaf afin d’évoquer avec son directeur leurs problématiques.

9h30 : action pédagogique pour dénoncer les distorsions de concurrence

La FDSEA de la Haute-Garonne avait prévu ce matin de visiter le Min à Toulouse ainsi qu’un grossiste à proximité afin de vérifier la provenance des produits mis à la vente. La présidente de la FDSEA Haute-Garonne dénonce des « distorsions de concurrence » et « des produits qui ne respectent pas les normes françaises ».

La visite s’est suivie d’une rencontre avec le préfet afin d’évoquer avec lui les problématiques agricoles, « une action pédagogique », selon la vice-présidente, qui compte bien évoquer « le rajout de contraintes aux contraintes » au monde agricole.

9h00 : premiers chiffres sur la mobilisation

Interviewée pour RTL, Christiane Lambert est revenue sur la mobilisation en cours.

« La mobilisation est à la hauteur de nos attentes, vers Paris mais aussi Lyon, Clermont-Ferrand et Toulouse, 70 % des départements sont mobilisés », précisant un peu plus tard au micro de Jean-Jacques Bourdin la présence de 10 000 manifestants partout en France.

« J’espère que l’Elysée fera un geste aujourd’hui », a déclaré Christiane Lambert au plateau de BFM TV. © BFM TV

La présidente de la FNSEA a rajouté au plateau de BFM TV attendre une réponse forte du gouvernement : « J’espère que l’Elysée fera un geste aujourd’hui. »

8h30 : Rencontre avec les parlementaires dans le Vaucluse

Dans le Vaucluse, plusieurs agriculteurs JA et FDSEA se sont regroupés autour des permanences parlementaires de tous les partis politiques. Des cercueils et des gerbes ont été déposés avec pour message « l’agriculture française est décédée ».

Un des cercueils déposés devant les permanences parlementaires de Carpentras. © JA Carpentras

Clément Roux, président des JA du Vaucluse, parle d’une « petite action ciblée avec un nombre d’adhérents limité ». L’agriculteur était présent pour sa part à Carpentras où il a pu rencontrer l’un de ses députés. Ensemble, ils ont pu évoquer, entre autres, le sujet de l’agribashing. Un thème qui inquiète fortement les agriculteurs qui ne sont qu’à quelques kilomètres des bâtiments incendiés dans la Drôme. Selon Clément Roux, « ça va devenir dangereux. Les agriculteurs vont finir par répondre à ces actes de malveillance. Il faut que les coupables soient traduits en justice Ce sont des terroristes. »

8h00 : Didier Guillaume apporte son soutien à la profession

Entendu au micro d’Europe 1 ce matin, le ministre de l’Agriculture a fait savoir qu’il apportait son soutien aux agriculteurs dans la rue aujourd’hui. « Je soutiens cette colère, je soutiens cette manifestation car trop c’est trop », a-t-il dit, en référence à l’agribashing.

À propos des EGAlim, autre point de contestation des syndicats, le ministre s’est révélé plus nuancé : « Cette loi n’a pas assez porté ses fruits. La loi prend effet maintenant, nous ne sommes que dans le début des négociations. »

Il a aussi rappelé l’ouverture des marchés vers la Chine acquise au début du mois. Didier Guillaume a précisé également que le Mercosur ne devait plus être un sujet car celui-ci « ne sera pas ratifié ».

7h00 direction Paris pour le Nord Bassin parisien

Comme leurs confrères Allemands, un millier de tracteurs ont convergé vers Paris afin de bloquer le périphérique.

00h00 début des contestations dans le Maine-et-Loire

Dans la nuit du 26 au 27 novembre 2019, les JA et FDSEA du Maine-et-Loire se sont mobilisés pour faire valoir leurs droits à la suite de la loi EGAlim. « Nous avons tenu à rappeler notre priorité absolue la défense du revenu des agriculteurs et des prix », expliquent les syndicats dans leur communiqué. Il faut passer aux actes et rendre aux producteurs l’argent et la valeur ajoutée qui leur ont été confisqués depuis trop longtemps.

Le secrétaire général des JA 49, Mathieu Delanoe explique : « Cela fait un an que les lois sont votées, les négociations commencent. Nous voulons mettre la pression à nos industriels. »

Action devant les industries pour les JA et la FDSEA du Maine-et-Loire. © FDSEA Maine-et-Loire

Pour cela, les agriculteurs ont récupéré des caddies de toutes les enseignes et les ont rapportés devant cinq de leurs industries dont Elivia, Charal, ou encore Lactalis, mobilisant 150 agriculteurs du département. « Si jamais l’industriel ne joue pas le jeu, nous saurons lui rappeler. Nous restons vigilants. Dès qu’il faudra bouger, nous saurons mobiliser le réseau », précise le secrétaire général.

 

 

Pour faire suite aux actions de cet automne, les syndicats de la FNSEA et des JA avaient promis une nouvelle mobilisation ce mercredi 27 novembre 2019 avec pour objectif de « permettre le retour à un revenu décent pour les agriculteurs ». La FRNBP avait même prévu de bloquer la ceinture de Paris avec plus de 1 000 tracteurs aux portes de la capitale. Le pari est réussi…

Alessandra Gambarini et Renaud d’Hardivilliers