Le syndicat apicole de l’Aisne avait porté plainte au début de juin contre Bayer – qui vient de racheter Monsanto et dont le siège en France se trouve à Lyon – après que du glyphosate a été détecté dans le miel d’un de leurs membres.

L’enquête, qui en est à son début, ne vise pas spécifiquement le groupe Bayer. Le parquet est par ailleurs en lien avec le pôle de santé publique du tribunal de grande instance de Marseille sur ce dossier, selon cette source.

« C’est une bonne chose, pour moi mais aussi pour tous les autres apiculteurs qui vivent de ça. Il faut faire quelque chose, beaucoup de ruches crèvent », a réagi l’apiculteur en question, ancien ouvrier agricole, Sylvère Obry.

« Je suis ravi qu’on prenne cette affaire très au sérieux et qu’on s’attaque au problème du miel en France. Il concerne certes la santé des abeilles, mais aussi celle des hommes. À ma connaissance, c’est une première », a réagi l’avocat du syndicat apicole, Me Emmanuel Ludot.

L’alerte avait été donnée par M. Obry, qui vend ses excédents au groupe Famille Michaud Apiculteurs, le plus gros acteur du miel en France.

Famille Michaud Apiculteurs, qui analyse tous les miels qui lui sont livrés, avait en effet refusé trois de ses fûts de miel toutes fleurs, soit 900 kg après y avoir détecté des traces de l’herbicide. Les trois fûts sont depuis stockés « dans la grange ».

Interrogé au début de juin par l’AFP, le groupe avait indiqué que des « substances exogènes dont le glyphosate » étaient régulièrement détectées dans le miel. Sur la précédente récolte, le taux de contamination au glyphosate était de 12 % parmi les lots fournis au groupe en France et sept apiculteurs avaient dû récupérer leurs livraisons, selon Vincent Michaud, PDG du groupe.

AFP