Quarante-trois organisations (1) membres de la plateforme « Pour une autre Pac », interpellent le président de la République pour que la France soit « force de proposition pour une véritable refonte de la Pac ». À la veille de l’ouverture d’un sommet de l’Union européenne sur le cadre financier pluriannuel 2021-2027 et le plan de relance, « Pour une autre Pac » alerte : « La proposition de réforme de la Pac au niveau européen est loin d’être à la hauteur des enjeux révélés par la crise », estiment les différentes organisations, dont la Confédération paysanne fait partie.

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Les 43 organisations font savoir que « la prochaine Pac devra répondre à trois défis inéluctables et interconnectés », celui de la souveraineté alimentaire, de la transition agroécologique et celui d’une autre répartition des aides, en sortant « de la logique de paiements à l’hectare non ciblés ».

Concurrence déloyale

« Pour une autre Pac » préconise d’aller vers une « politique agricole et alimentaire commune » pour garantir l’accès à une alimentation « choisie, diversifiée et durable, accessible à toute la population ». Ce n’est pas compatible avec une politique allant vers des prix des produits alimentaires toujours plus bas, ni avec « la signature d’accords de libre-échange exposant à une concurrence déloyale aussi bien les paysans européens, que celles et ceux des pays du Sud », insistent les membres de la plateforme.

Ils demandent qu’au moins 50 % des financements de la future Pac soient réservés « au maintien et au développement de systèmes agricoles favorables à l’environnement et au bien-être animal ». « Cela suppose un budget fort pour le second pilier. »

Des aides à l’actif

Les organisations signataires ajoutent que la logique d’attribution des aides doit être repensée pour « valoriser les bienfaits générés par les fermes plutôt que leur surface », préconisant de sortir de la logique « des paiements à l’hectare non ciblés ». Elles accusent la Pac d’être « la principale raison de la diminution du nombre de paysans et du non-renouvellement des générations », car les aides sont « distribuées en fonction des surfaces, sans plafonnement du montant selon le nombre de paysans travaillant sur les fermes ».

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Marie Salset

(1) Retrouvez la liste des signataires et la lettre ouverte envoyée au président de la République.