« Il y a des petites solutions que je vais proposer qui peuvent sauver des vies », a affirmé à l’AFP Olivier Damaisin, en amont de la remise à Jean Castex de son rapport sur la prévention du suicide des agriculteurs. Le député s’est vu confier cette mission lors du Salon international de l’agriculture, en février 2020. Il disposait d’un délai de six mois pour remettre son rapport, mais le calendrier a été bousculé par la crise sanitaire.

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Agir rapidement

Les mesures proposées ne nécessiteront pas forcément de passer par la voie législative, dans l’optique d’« arriver à faire vite pour diminuer le nombre de suicides », a-t-il précisé. Une « surmortalité statistique par suicide pour les exploitants agricoles, comparés à la population générale, a été mise en évidence », rappelait en juin l’observatoire national du suicide. Cette surmortalité est « particulièrement marquée chez les éleveurs de bovins âgés de 45 à 54 ans ».

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Pour la seule année 2015, 372 suicides d’exploitants agricoles avaient été recensés, soit plus d’un par jour, selon les statistiques les plus récentes de la sécurité sociale agricole, la MSA.

Le député, qui regrette l’absence de données actualisées, souligne que ce nombre est réputé en deçà de la réalité, des décès étant susceptibles d’être comptabilisés comme accidents du travail, par exemple.

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Le tabou a été brisé

Si le constat est sombre, Olivier Damaisin veut croire qu’un « tabou » a été brisé depuis la sortie en septembre 2019 du film « Au nom de la terre », qui a remporté un vif succès en France, avec deux millions d’entrées en salles, surtout en régions.

Basé sur l’histoire du père du réalisateur Édouard Bergeon, Guillaume Canet y incarne un éleveur de volailles pris dans la spirale du surendettement, qui sombre dans la dépression. Jusque-là, la question du mal-être paysan restait globalement « mise sous cloche », de l’ordre du « non-dit plutôt que du déni », estime Olivier Damaisin.

AFP