Une première mondiale. « La paratuberculose, maladie bovine endémique du troupeau français, va désormais pouvoir passer dans les radars génomiques grâce au déploiement à compter de ce mois d’avril de nouveaux indicateurs génétiques de résistance, fruit d’un programme de coopération de huit années réunissant cinq partenaires au sein du consortium de recherche Paradigm (1) », se félicitent les chercheurs, dans un communiqué diffusé le 7 avril 2022.

Une avancée d’autant plus prometteuse et attendue, que 50 à 70 % des élevages laitiers seraient exposés à la paratuberculose. Cette maladie, à surveillance et notification obligatoire, ne dispose d’aucun traitement « et la vaccination reste imparfaite ».

Les bovins laitiers de race prim’holstein seront les premiers à bénéficier de ces nouveaux outils génétiques, dès le 11 avril. La race normande lui emboîtera le pas.

Quatre statuts de résistance pour les femelles

Concrètement, les femelles génotypées après cette date se verront attribuer un statut de résistance par rapport à la tuberculose : très sensible, sensible, standard ou résistant. « Les animaux trop sensibles pourront être écartés de la reproduction » dans les élevages exposés, soulèvent les experts. Et cela dès le plus jeune âge, bien que « les symptômes n’apparaissent souvent qu’à l’âge adulte ».

Du côté des taureaux issus des schémas de sélection de Gènes Diffusion et Evolution, un pictogramme RPTB « signalera leur caractère améliorateur en matière de résistance à la paratuberculose ».

« Plans sanitaires proposés par les GDS, indicateurs génomiques et plans d’accouplements génomiques proposés par les entreprises de mise en place s’affirment plus que jamais comme des outils complémentaires pour réagir de façon raisonnée et proportionnée face à la recrudescence et à la variabilité d’exposition des élevages », conclut le consortium.

Alexandra Courty

(1) GDS France, Groupements de défense sanitaire du Grand Ouest, Fédération des entreprises de génétique et de reproduction des ruminants Allice, Institut national de recherche agronomique et de l’environnement (Inrae), l’Ecole nationale vétérinaire de Nantes (Oniris), Apis-Gene, société de soutien et de valorisation des programmes de recherche en génomique bovine, caprine et ovine.