« La présence continue du virus H5N8 au sein des oiseaux sauvages et de l’environnement est attendue dans les prochains mois » avertit l’Autorité européenne de la sûreté des aliments (Efsa), dans un rapport publié le 26 février 2021.

Selon l’agence de l’Union européenne, 1 022 foyers d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) ont été détectés en Europe entre le 8 décembre 2020 et le 23 février 2021. 589 d’entre eux concernent des volailles d’élevage, essentiellement en France (446 foyers), puis en Allemagne (51 foyers) et en Pologne (37 foyers).

415 foyers concernent le compartiment sauvage. L’Allemagne en recense le plus grand nombre (207 foyers) devant le Danemark (63 foyers), l’Irlande (20 foyers). « Par ailleurs, neuf cas ont été détectés chez des oiseaux captifs », détaille l’Efsa.

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« Haut risque de transmission » en France

Pour l’agence, en France, « le nombre élevé de foyers recensés chez les canards d’élevage pourrait résulter du haut risque d’introduction et de transmission du virus dans ce système de production. La région touchée se caractérise par une forte densité d’exploitations, de l’élevage en plein air, et des mouvements d’animaux fréquents pour le gavage. »

L’Efsa estime que l’importante durée de la période à risque vis-à-vis de l’IAHP représente un « défi pour la durabilité des mesures de biosécurité renforcées mises en œuvre tout au long de la filière avicole, comme le confinement obligatoire des volailles de plein air. » Un relâchement vis-à-vis de ces mesures pourrait « augmenter le risque d’introduction du virus, avec un potentiel de propagation supplémentaire entre les élevages ».

Faible potentiel zoonotique

Malgré les sept cas humains du virus H5N8 en Russie dévoilés le 20 février dernier, « le risque d’infection par l’IAHP de la population européenne est très faible, et faible pour les personnes exposées dans le cadre professionnel ». Le risque de transmission via des produits de volailles potentiellement contaminés est considéré comme « négligeable ».

« Jusqu’à présent, les virus caractérisés n’ont pas montré de fixation de mutations connues comme étant des marqueurs d’adaptation pour l’homme et d’autres mammifères. Ils sont évalués comme présentant un faible risque de transmission humaine », souligne l’Efsa.

Vincent Guyot