« Définir un système plus protecteur pour l’ensemble des filières, fondé sur une analyse des risques et tenant compte de la diversité de nos productions. » Tel est l’objectif formulé par Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture, au sortir du comité de suivi de l’épizootie d’influenza aviaire organisé le 11 mai 2021.

Cette réunion, rassemblant l’interprofession, les syndicats, les élus et les services de l’État visait notamment à préciser les orientations de la feuille de route et les dispositifs d’indemnisation. L’Anses y a présenté « les recommandations de son avis sur le retour d’expérience de l’épizootie de 2020-2021 », rapporte le ministère de l’Agriculture. […] De façon collégiale, les groupes de travail tiendront compte de ces recommandations pour élaborer la nouvelle feuille de route. »

Adapter la mise à l’abri des animaux

L’Anses préconise notamment de « mettre en place des dispositifs de mise à l’abri adaptés, selon l’analyse des risques (densité, zones humides, niveau de risque d’influenza…), selon les types d’élevage, les modes de production et les espèces. »

Par ailleurs, plusieurs « pistes de progrès » ont été identifiées pour améliorer la gestion collective face aux crises liées à l’influenza aviaire. Il s’agit notamment de « connaître en temps réel le nombre de volailles présentes dans tous les élevages de volailles, anticiper le risque d’apparition de la maladie et prévoir des réductions de densités en zones à risque, améliorer la gouvernance et les pratiques de biosécurité et analyser les impacts et la faisabilité du recours à la vaccination préventive à compter de 2022. »

« Tous les modèles de production doivent exister »

Du côté des syndicats agricoles, les réactions sont positives à l’issue de ce comité de suivi. « Les mesures qui se profilent vont dans le bon sens, notamment la suppression de la dérogation à l’obligation de mise à l’abri en période à risque élevé aux élevages de moins de 3 200 canards, indiquent la FNSEA, Jeunes Agriculteurs et leurs associations avicoles (1). Elles devront cependant être concrétisées et ne pas laisser de place à différentes interprétations sur le terrain. »

La Confédération paysanne et le Modef saluent de leur côté une « volonté limpide de baisser drastiquement la densité sur les zones à risque » mais demeurent « vigilants » à l’égard de « l’obligation de claustration aux différents modèles de production. » « Tous les modèles de production doivent exister, dans un respect mutuel », soulignent les deux syndicats.

> À lire aussi : Volailles, deux syndicats inquiets sur l’avenir de l’élevage en plein air (10/05/2021)

Vincent Guyot

(1) La Confédération française de l’aviculture (CFA), la Fédération nationale du foie gras, et le Syndicat national des producteurs de gibiers de chasse.