100 000C’est le nombre d’éleveurs français qui seront mobilisés pour le volet de l’élevage de ruminants du programme Cap protéines.

« Le volet de l’élevage de ruminants du programme Cap protéines est un projet de grande envergure qui regroupe 120 partenaires techniques, 330 fermes pilotes, 19 sites expérimentaux, 19 fermes de lycées agricoles, détaille Jérôme Pavie, chef du service des fourrages et du pastoralisme à l’Institut de l’élevage et coordinateur du volet de l’élevage de Cap protéines. 100 000 éleveurs de bovins, d’ovins et de caprins seront mobilisés. L’ambition est d’accroître de 50 % les surfaces d’oléoprotéagineux et de légumineuses destinées à l’alimentation des ruminants. »

Substituer le soja importé par d’autres tourteaux produits en France est un des premiers enjeux pour gagner de l’autonomie protéique. La marge de manœuvre la plus importante en élevage se situe dans l’augmentation de la part de protéines fourragères et la part d’herbe dans les rations. La reconception profonde des systèmes d’élevage et des changements de pratiques seront nécessaires.

En deux ans, l’Institut de l’élevage ambitionne de susciter l’envie des éleveurs de changer leurs pratiques, pour leur offrir davantage d’autonomie de résilience et de compétitivité. « La réussite du projet reste néanmoins liée à la concurrence du soja qui reste très compétitif », insiste Jérôme Pavie.

Cap protéines s’articule autour de quatre actions

  1. L’étude des leviers

    La première action de Cap protéines concerne l’étude et la diffusion des leviers agronomiques et zootechniques pour produire davantage de protéines.

    Les itinéraires de production de cultures fourragères de protéagineux ou de mélanges céréales protéagineux destinés à l’autoconsommation seront par exemple étudiés.

    Parmi les autres axes passés au crible figurent aussi le sursemis de prairies permanentes par des légumineuses, ou celui de cultures pérennes par des cultures annuelles riches en protéines.

    Est également au menu du projet, l’optimisation de la productivité des prairies via une irrigation d’appoint ou une fertilisation raisonnée.

    Le programme se penchera aussi sur l’amélioration du pâturage et son élargissement aux saisons automnales et hivernales. Et enfin, sur la capacité des animaux à valoriser des fourrages et des graines riches en protéines.

  2. Des plateformes de démonstration

    La deuxième action concerne la mise en œuvre et la démonstration de système d’élevage à forte autonomie protéique. Des systèmes prototypes conçus en stations expérimentales visant une forte autonomie seront mis en place.

    330 fermes pilotes seront mises à contribution pour valoriser leurs innovations et choix d’organisation. Des référentiels pour le conseil sur les niveaux d’autonomie protéique à atteindre pour les différents systèmes d’élevage seront également créés.

  3. Des outils d’aide et de diagnostic

    La troisième action portera sur l’accompagnement des éleveurs par la mise à disposition d’outils d’évaluation, de diagnostic et de conseil d’aide à la décision. Il s’agit de logiciels, de plateforme numériques ou d’application pour smartphones (Devautop, AutoSysEl, HappyGrass, Perpet…) seront élaborées ou adaptées.

  4. Création de la semaine de l’autonomie protéique

    La quatrième action sera axée sur la communication. De nombreuses références seront mises à disposition. « Des portes ouvertes et des journées de démonstration seront également organisées, explique Jérôme Pavie. Une semaine de l’autonomie protéique pour embarquer l’ensemble des acteurs vers un objectif partagé sera également créée. »

Marie-France Malterre