« La situation de la prédation n’est plus gérable dans le département », s’insurgent les représentants du syndicat majoritaire : Édouard Pierre (président de Jeunes Agriculteurs des Hautes-Alpes), Sandrine Hauser (secrétaire générale de la FDSEA des Hautes-Alpes), Florian Pellegrin (président de JA Paca), Éric Lions (président de la chambre d’agriculture des Hautes-Alpes) et Lionel Orcière (coprésident de la Fédération départementale ovine des Hautes-Alpes).

Les élus se sont réunis l’après-midi du 24 septembre 2021 à Saint-Bonnet-de-Champsaur (Hautes-Alpes) après qu’une louve a été retrouvée pendue devant la mairie de cette commune le jour même. Elle avait été abattue quelques heures plus tôt par balle.

La louve retrouvée pendue devant la mairie de Saint-Bonnet-en-Champsaur le 24 septembre 2021 s’accompagnait du message : Réveillez-vous, c’est déjà trop tard !!

Entre 1 200 et 1 600 victimes par an dans les Hautes-Alpes

Pour le groupe, cet acte extrême est le fruit d’une pression trop forte sur l’élevage. « De 1 200 à 1 600 victimes sont constatées tous les ans dans le département, expliquent-ils. Nous avons de plus en plus de mal à faire reconnaître la responsabilité du loup notamment sur les attaques de bovins. » Les prédateurs ne les attaquent pas forcément au cou. Ils les poursuivent jusqu’à épuisement ou les poussent à se jeter dans le vide. Les pertes ne sont pas indemnisées.

« L’action de ce matin est révélatrice d’un système qui ne protège pas le pastoralisme », ajoutent-ils.

« Ce n’est plus vivable »

Ces faits interviennent aussi trois semaines après que les tirs de défense renforcés ont été suspendus. Il ne reste plus que 40 loups dans le quota de destruction (un tiers du quota). « L’État freine les autorisations pour ne pas dépasser le seuil autorisé, soulignent-ils. Le procès de l’éleveur à Gap le 20 septembre 2021, jugé pour le comportement de ses chiens de protection est incompréhensible pour la profession. Ce n’est plus vivable pour nous. »

Férus porte plainte

De son côté, l’association Férus a indiqué dans un communiqué de presse qu’elle allait porter plainte pour destruction d’espèce protégée.

« Cet acte ignoble est une première en France, précise l’association dans un communiqué de presse. Il est l’aboutissement normal de l’impunité accordée aux exactions et violences perpétrées depuis tant d’années par les anti-loups et les anti-ours. Les pouvoirs publics sont autant responsables que ceux qui ont tué et pendu cette louve. »

Marie-France Malterre