« Six Français sur dix privilégieraient l’élevage de brebis face aux loups », indique la Fédération nationale ovine (FNO) dans un communiqué de presse du 11 mars 2021. Ces chiffres sont issus d’une enquête d’opinion, réalisée par OpinionWay, sur la prédation des loups et l’élevage de brebis entre janvier et septembre 2020.

Des mesures insuffisantes

L’enquête a montré aussi que quatre Français sur dix s’accordent pour dire que la prédation rend le métier d’éleveur impossible et pensent que les mesures de défense proposées par l’État sont insuffisantes.

« Nous avons été plutôt agréablement surpris, car nous avons souvent l’impression d’avoir le monde entier contre nous lorsque le sujet de la prédation est abordé », souligne Claude Font, en charge du dossier à la FNO.

« Cela signifie aussi que les témoignages recueillis lors des consultations publiques et qui se prononcent à 90 % contre l’élevage ne sont pas représentatifs de l’opinion générale des Français, observe-t-il. Le dossier du loup est très politique. Les décisions ne reflètent pas forcément l’opinion. »

La prédation est un problème connu des Français

Selon l’échantillon représentatif de la population des Français, les problèmes de la prédation sont connus d’une très large majorité des Français, puisque 8 sur 10 ont entendu parler des problèmes que les loups posent aux éleveurs. La même proportion comprend aussi le désarroi des éleveurs.

« Plus de six Français sur dix privilégieraient l’élevage de brebis à la présence du loup, note la FNO. Cette intention est davantage prononcée par les habitants du Sud-Est (69 %) qui sont témoins depuis plus de 20 ans de l’impact du loup sur leur territoire », ajoute le syndicat.

Concernant le déclassement du loup, la moitié des Français accepterait qu’il ne soit plus considéré comme une espèce strictement protégée, selon l’enquête. Les plus âgés (54 %) étant plus favorables.

Marie-France Malterre