« Permettre des progrès dans la durée en matière de bien-être animal et accompagner les élevages dans la transition », c’est ce que projette Louis Schweitzer, président de l’Association Étiquette Bien-être animal lors d’une conférence de presse organisée le 21 septembre 2021 à Paris.

« Cette étiquette Bien-être animal (1) est un levier indispensable pour donner le pouvoir au citoyen d’agir par ses achats. Une fois informé, il peut soutenir certains modèles de production et participer à la transformation des systèmes agricoles » appuie Agathe Gignoux, responsable des affaires publiques et juridiques pour CIWF France et membre du collège.

L’association gonfle ses rangs

Depuis son lancement en 2019, l’étiquette Bien-être animal a fait de nouveaux adeptes. L’engagement de nombreux acteurs économiques dans l’European chicken commitment (ECC) a été un « véritable tremplin » pour le déploiement de l’étiquette Bien-être animal sur les produits avicoles en rayons, selon Séverine Fontaine, directrice de la qualité chez Carrefour.

Des entreprises telles que Maître Coq et le Groupe Michel se sont engagées. Depuis la fin de 2020, les enseignes Intermarché, Lidl, Franprix et Monoprix ont également rejoint la démarche.

> Pour davantage d’informations, lire : Poulet de chair, Carrefour et Système U adoptent l’étiquetage du bien-être animal (07/02/2020)

Du côté de la filière porcine, « la première coopérative porcine française, Cooperl, marque une ambition forte en adhérant à l’association avant même la finalisation des travaux sur l’espèce », relève l’AEBEA dans son dossier de presse.

Un référentiel en porc attendu dès la fin de l’année

En collaboration avec le LIT Ouesterel et l’Inrae, l’association planche depuis 18 mois sur le référentiel Porc. « Il portera sur toutes les étapes de la vie du porc : naisseurs, engraisseurs, transport et abattage », apprend le communiqué.

Le comité technique mis en place pour construire les critères est composé de l’ensemble des acteurs volontaires de la filière porcine (producteurs, transporteurs et abatteurs), des acteurs de la mise sur le marché (transformateurs et distributeurs) ainsi que des scientifiques, des vétérinaires et des associations de protection animale.

« L’implication d’un nombre significatif d’acteurs apporte beaucoup de pragmatisme à la démarche, en liant la réalité de terrain de l’amont et les attentes des consommateurs », estime Mickaël Benoit, éleveur et administrateur à la Cooperl. « Il est important de coconstruire ces référentiels pour arriver à des solutions acceptées par le plus grand nombre », soutient Hervé Guyomard, directeur de recherche à l’Inrae.

« L’objectif est de terminer le référentiel pour la fin de 2021 et d’avoir des produits étiquetés en 2022 grâce notamment à nos partenaires de la filière déjà membres de l’association : Herta, Fleury Michon et la Cooperl mais avec les différentes enseignes déjà engagées dans l’étiquette (2) », rapporte l’AEBEA.

« D’autres espèces sont à l’étude, avec un cahier des charges adapté et tout aussi rigoureux », soutient l’organisme. L’AEBEA prévoit en effet de « déployer fortement l’étiquette Bien-être animal, pour intégrer de nombreux élevages français et de plus en plus d’espèces ».

« Devenir le modèle à l’échelle européenne »

Mais son ambition ne se cantonne pas à la France. « Cet étiquetage peut servir de modèle à l’échelle européenne », reprend Louis Schweitzer, qui assure que la démarche a été « reconnue par les associations européennes comme étant la plus complète et la plus avancée ». L’étiquette répond à l’ensemble des recommandations du groupe de travail de la Commission européenne sur la labellisation du bien-être animal (conclusions publiées en juin 2021), d’après l’association.

> À lire aussi : Bien-être animal, un étiquetage des modes d’élevage à l’étude (28/07/2020)

Lucie Pouchard

(1) L’étiquetage affiche cinq niveaux de bien-être animal (de A à E), ainsi que le mode d’élevage. Il couvre toute la vie de l’animal, de la naissance à l’abattage, à travers plus de 230 critères certifiés tous les ans par un organisme tiers.

(2) Casino, Carrefour, les magasins U, Intermarché, Lidl, Franprix et Monoprix.