Mettre en exergue des solutions « microlocales » pour cohabiter avec l’ours dans les Pyrénées, telle est l’ambition d’une équipe du CNRS pour « apaiser » les relations entre pro- et anti-ours. Ces relations se sont encore tendues au printemps 2020 après qu’un jeune plantigrade de 4 ans a été abattu par balles près de la station de Guzet, en Ariège.

Ambiance explosive

Dans la foulée de cet événement, les associations environnementalistes ont porté plainte. L’ONG Sea Shepherd a « même proposé une récompense de 45 000 euros pour qui permettrait de retrouver le tueur d’ours ». Des manifestations de pro- et anti-ours s’en sont suivies. Bref, l’ambiance autour de la commune d’Ustou, dans l’Ariège, est explosive.

C’est dans ce climat que Rupert Vimal, du CNRS, lance une nouvelle phase d’étude avec une jeune chercheuse, indique l’AFP. « Notre hypothèse, c’est que les acteurs de terrain, les bergers, les éleveurs sont en capacité de réinventer la relation aux autres espèces. Ce sont eux qui vivent avec l’ours », souligne le géographe.

Des entretiens individuels

C’est Alice Ouvrier, la chercheuse toulousaine, qui va mener cette nouvelle étude de terrain sur trois estives, après plusieurs mois déjà passés sur l’estive d’Ordouas pour roder sa méthodologie. « Nous menons des entretiens individuels sur des récits de vie, nous étudions des dépositions après une prédation, nous recueillons le ressenti de l’éleveur », explique-t-elle.

Ces données anthropologiques, elle va les confronter à un travail éthologique autour de l’ours lui-même, grâce notamment à des pièges photographiques qui lui permettent de contrôler les endroits où passe l’ours.

« Il faut que l’on comprenne quels sont les freins à cette coexistence à l’échelle locale », en particulier en éclairant « ce qui fait la relation, le vécu entre ours et transhumants », résume Ruppert Vimal.

Avec l’AFP