Après avoir auditionné les professionnels de la filière pendant plusieurs mois, la sentence est tombée : en dehors des segmentations AOP et IGP, les députés Pascale Boyer (LREM) et Jean-Pierre Vigier (LR) déplorent « une déprise amorcée » de la production laitière de montagne mettant en danger l’attractivité des régions concernées.

Le rapport d’information porté par les députés a été présenté à la Commission des affaires économiques ainsi qu’à la presse le 21 juillet 2021. Les treize préconisations des élus seront présentées au ministre de l’Agriculture, en octobre, à l’occasion du congrès de l’Association nationale des élus de la montagne (ANEM). « Si le ministre n’acte pas tout ou partie des mesures proposées pour conforter l’avenir du lait de montagne, la filière conventionnelle sera de plus en plus fragile », alerte Jean-Pierre Vigier.

1. Renforcer la compétitivité des exploitations

Le premier axe de travail proposé concerne la compensation des surcoûts liés à la production agricole en altitude. Parmi les recommandations émises par les élus, figurent :

  • Le maintien, à minima, des aides existantes et plus particulièrement de l’Indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN)  
  • La rémunération des services écosystémiques rendus par l’élevage de montagne  
  • Des aides à l’investissement  
  • La mise en place d’exonérations fiscales et sociales, à l’image de ce qui est fait dans les zones de revitalisation rurales (ZRR), et de la Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) pour les camions de collecte, comme le prévoit la loi dite Montagne II.

2. Accroître la valorisation du lait de montagne

Une fois le cadre réglementaire et fiscal adapté, vient la question de la juste valorisation du lait produit. Sur ce volet, les députés souhaitent voir les produits de montagne hors AOP/IGP ornés du label européen Spécialité traditionnelle garantie (STG).

« Reconnaître la mention valorisante « produits de montagne » d’une manière ou d’une autre permettrait également d’inclure ces denrées dans la liste des 50 % de produits durables et de qualité devant être servis dans la restauration collective », souligne Pascale Boyer.

3. Assurer le renouvellement des générations

Le dernier axe exploré par la mission d’information concerne l’attractivité des métiers de la filière laitière conventionnelle de montagne. Les préconisations des députés abordent :

  • La couverture numérique intégrale des territoires de montagne ;
  • La formation et l’accompagnement des jeunes ;
  • La création d’un observatoire national regroupant les projets d’installation et le foncier disponible afin de faciliter les démarches.

Enfin, que ce soit pour susciter des vocations ou sensibiliser à la spécificité des produits laitiers de montagne, les rapporteurs du dossier estiment essentiel de déployer des campagnes de communication nationales. Prochaine étape en octobre, avec le ministre de l’Agriculture.

Alexandra Courty