« Il y a quelques semaines, après avoir beaucoup hésité, nous avions signé la feuille de route pour lutter contre l’influenza aviaire, en émettant des réserves. Nous n’avons pas du tout été associés à l’écriture des arrêtés, alors nous nous sommes logiquement opposés », explique Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne, lors d’une conférence de presse ce mardi 21 septembre 2021. Le Modef a également suivi cette position.

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« On revient à l’âge de la brouette et du seau »

Ces textes concernent en premier lieu l’établissement de zones à risque de diffusion (ZRD). « En en période à risque modéré vis-à-vis de l’influenza aviaire, la mise à l’abri sera la règle pour près de la moitié de la France, y compris pour les poules pondeuses et les volailles de chair, indique Sylvie Colas, porte-parole de la Confédération paysanne du Gers. Et on veut diviser par quatre l’espace par animal à l’extérieur », souligne-t-elle.

« Il est également prévu d’interdire de sortir les animaux avant 10 semaines d’âge. Mais si une volaille est abattue à 12 semaines, ce n’est pas acceptable, et l’on ment aux consommateurs », poursuit la syndicaliste. Elle tempête également contre « l’interdiction d’aller sur un parcours avec le tracteur. Or l’alimentation est apportée avec des Pallox. Là, on revient à l’âge de la brouette et du seau. »

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« Rien n’est prévu pour baisser en densité »

Autre motif d’insatisfaction de la Confédération paysanne et du Modef : l’obligation de réaliser des analyses lors de chaque mouvement d’animaux. « Même en élevage autarcique, nous sommes tenus de faire un dépistage des animaux qui sortent du parcours, avant de les placer en salle de gavage. C’est économiquement intenable », appuie Serge Mora, président du Modef.

Pour la Confédération paysanne et le Modef, « toutes les mesures prises par les arrêtés visent à éviter la transmission du virus par la faune sauvage. À l’inverse, rien n’est prévu pour baisser en densité, pour limiter les mouvements d’animaux vivants, de flux, d’intervenants, pourtant facteurs majeurs de propagation de l’influenza aviaire. »

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Vincent Guyot