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Améliorer la performance climatique de l’élevage

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Gaz à effet de serre - Améliorer la performance climatique de l’élevage
« Les gaz à effet de serre issus de l’agriculture sont principalement le méthane, dont 80 % proviennent de la fermentation entérique des animaux d’élevage, et le protoxyde d’azote, provenant majoritairement de la fertilisation des sols », explique Pierre Dupraz, de l’Inrae. © Gutner

Alors que le pacte vert européen a pour ambition d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon de 2050, l’Inrae rappelle la nécessité de coordonner les politiques alimentaires et commerciales.

« L’atteinte des objectifs fixés par la Commission européenne pour la future Pac 2021-2027 doit passer essentiellement par la bioéconomie, l’innovation et l’étiquetage des produits », a assuré Pierre Dupraz, directeur de recherche à l’Inrae Bretagne Normandie lors d’une conférence en ligne le 16 septembre 2020. Parmi les objectifs en faveur du climat, « le moindre recours aux pesticides ne doit pas se traduire par une baisse de la production européenne au profit des importations. Cela ne générerait aucun gain climatique. »

À lire aussi : Réchauffement climatique, Bruxelles veut une agriculture neutre en carbone dès 2035 (17/09/2020)

Séquestrer du carbone

Pour l’Inrae, la baisse de la production européenne doit nécessairement être accompagnée d’une baisse de la consommation de la population. « Les émissions générées par les exportations européennes sont comptabilisées dans l’inventaire des gaz à effet de serre (GES) de l’Union européenne, ce qui n’est pas le cas des importations de soja et autres protéines végétales auxquelles sont également associées des émissions de GES, note Pierre Dupraz. Si la production européenne baisse plus vite que notre consommation, ce qu’on ne produira plus sera probablement produit par d’autres et pas forcément dans des conditions de performance climatique aussi bonnes. »

Deux autres solutions « à technologies constantes » se dégagent : réduire les inefficacités climatiques de l’élevage et séquestrer beaucoup plus de carbone. En France par exemple, « le stockage de carbone supplémentaire pourrait atteindre 41 % des émissions de GES agricoles de 2016 et plus de 30 % à un coût inférieur de 100 € la tonne équivalent CO2 pour toutes les terres agricoles et forestières, et principalement pour les terres arables. En effet, les terres arables, où les stocks actuels sont les plus faibles, présentent le plus grand potentiel de stockage supplémentaire avec 86 % au total », appuie Pierre Dupraz.

Une nécessaire coordination européenne

Ainsi, des améliorations sont possibles mais nécessitent une meilleure coordination européenne. En lien avec les propositions législatives de juin 2018 portant sur la future Pac, si des indicateurs des plans stratégiques des États membres ont été définis pour le suivi de leur performance climatique, « aucun ne concerne les GES », fait savoir Pierre Dupraz. « Jusqu’à présent, aucun objectif de réduction du méthane n’a été acté », ajoute-t-il.

Plus largement, « la Commission européenne souhaite que 40 % des aides soient consacrées au climat, sans qu’il s’agisse pour autant d’une contrainte réglementaire pour les plans stratégiques des États membres. Les conditions entre les paiements et les sanctions sont très mal corrélées aux effets climatiques », estime l’expert de l’Inrae.

Lucie Pouchard

L’agriculture européenne a des marges de progrès

Si les émissions agricoles ont nettement diminué entre 1990 et 2013, elles ont rebondi entre 2013 et 2017.

Selon l’Agence européenne pour l’environnement, « l’agriculture pesait presque pour moitié dans la production de méthane et pour 72 % dans la production de protoxyde d’azote sur la totalité des émissions générées à l’échelle de l’Europe des 28 en 2017 », a rapporté Pierre Dupraz, directeur de recherche à l’ Inrae Bretagne Normandie, lors d’un webinaire le 16 septembre 2020.

Autour des années 2010-2013, « l’évolution favorable des émissions agricoles s’est malheureusement stoppée. Depuis, nous sommes au mieux dans un phénomène de stagnation ».

Alors que les émissions de méthane et de protoxyde de carbone enregistraient une baisse respective de 24 % et de 20 % entre 1990 et 2013, elles ont augmenté de 4 % entre 2013 et 2017.

Ces chiffres ne prennent pas en compte les carburants et les combustibles consommés par l’agriculture. Source : European Environment Agency, 2019
L’agriculture européenne a des marges de progrès
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Si les émissions agricoles ont nettement diminué entre 1990 et 2013, elles ont rebondi entre 2013 et 2017.

Selon l’Agence européenne pour l’environnement, « l’agriculture pesait presque pour moitié dans la production de méthane et pour 72 % dans la production de protoxyde d’azote sur la totalité des émissions générées à l’échelle de l’Europe des 28 en 2017 », a rapporté Pierre Dupraz, directeur de recherche à l’ Inrae Bretagne Normandie, lors d’un webinaire le 16 septembre 2020.

Autour des années 2010-2013, « l’évolution favorable des émissions agricoles s’est malheureusement stoppée. Depuis, nous sommes au mieux dans un phénomène de stagnation ».

Alors que les émissions de méthane et de protoxyde de carbone enregistraient une baisse respective de 24 % et de 20 % entre 1990 et 2013, elles ont augmenté de 4 % entre 2013 et 2017.

Ces chiffres ne prennent pas en compte les carburants et les combustibles consommés par l’agriculture. Source : European Environment Agency, 2019
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