« La crise annoncée se matérialise. Elle est la plus forte que nous ayons connue », alerte la Cooperl, dans un courrier adressé à ses producteurs de porcs le 18 octobre 2021. Pour la coopérative bretonne, « une réduction de l’offre globale est nécessaire à la remontée des prix. Elle est engagée en Chine. »

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« S’adapter par le prix »

En attendant, « il va nous falloir nous adapter, à court terme, par le prix », lâche la Cooperl. La semaine passée, le prix de base du porc pour les adhérents de la coopérative a ainsi été porté à 1,15 €/kg, quand celui du MPB, utilisé par la majorité des groupements de producteurs en France, oscillait entre 1,229 et 1,231 €/kg. Les plus-values techniques et qualité n’ont cependant pas été modifiées.

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« Cela pèsera sur votre trésorerie »

« Cela pèsera sur votre trésorerie d’exploitation, nous en avons parfaitement conscience », reconnaît la coopérative. Mais la Cooperl estime qu’une telle décision « permettra de conserver la fluidité de notre commerce et une marge suffisante au financement de l’exploitation de notre coopérative et de ses investissements essentiels pour l’avenir ».

Le tout, dans un contexte où les bassins de production européens restent en « compétition acharnée ». « La France souffre d’une fiscalité trop lourde, cela pèse sur nos coûts de revient », ajoute la Cooperl, qui envisage de nouvelles adaptations du prix de base du porc si c’est nécessaire.

Coupe de 25 % dans les salaires

Au-delà d’un abaissement du prix du porc, « le conseil de direction a proposé que soit réduite de 25 % la rémunération de chacun de ses membres, et ce dès le 1er novembre et pour le temps de la crise, soit probablement six mois », indique le courrier. Une proposition acceptée par le conseil d’administration de la Cooperl.

Vincent Guyot