2,2 % de l’alimentation animale française n’est pas garantie sans déforestation importée. C’est ce qu’a révélé Duralim (1) le 2 juillet 2021 lors de la présentation des chiffres issus de son premier observatoire du risque de déforestation importée par le soja dans l’alimentation animale en France.

À cette occasion, Jean-François Arnauld, président de Duralim, a expliqué que cet observatoire doit permettre de garantir au plus tard en 2025 « 100 % d’approvisionnement durable avec un objectif de non-déforestation ». « Cet observatoire va nous permettre d’agir », a insisté le président.

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3,5 % de soja dans l’alimentation animale

L’organisme créé en 2016 a mandaté Céréopa en mars pour réaliser les calculs. Dans le détail, le bureau d’études créé il y a une cinquantaine d’années au sein de l’école AgroParisTech a d’abord déterminé la part de soja (en équivalent graine de soja) présente dans l’alimentation animale (fourrage compris) de six filières de production animale pour la campagne de 2019-2020.

D’après ces calculs ces filières consomment 3,5 % d’équivalent graine de soja dans leur alimentation. Ce pourcentage est très variable d’une filière à l’autre :

  • 2,4 % pour les vaches laitières,
  • 1,1 % pour les bovins viandes,
  • 6,2 % pour les porcs,
  • 18,6 % pour les poulets,
  • 29,5 % pour les dindes,
  • 11,2 % pour les poules pondeuses.

Patricia Le Cadre, directrice des études en alimentation et filières animales chez Céréopa, a précisé que ces pourcentages qui sont parfois faibles peuvent cacher des volumes importants.

Céréopa a ensuite identifié l’origine du soja et étudié les flux d’entrée des importations (par bateau, mais aussi par camion). Duralim a précisé que 2,03 millions de tonnes de soja sont importées directement du Brésil, 0,55 million de tonnes proviennent de pays européens, 0,62 million de tonnes proviennent de pays tiers (autres que le Brésil) et 180 000 tonnes sont produites en France.

Réduire l’incertitude de 2,2 % à 0 %

Le bureau d’études a classé le soja consommé en France en quatre catégories :

  • Le soja origine France,
  • Le soja importé avec une des origines autre que le Brésil,
  • Le soja origine Brésil sous certificat (garanti sans OGM et sans déforestation),
  • Le soja origine Brésil sans garantie zéro déforestation.

Ainsi, cette dernière catégorie représente 2,2 % de l’alimentation animale des six filières ciblées. Les trois autres catégories garantissent un soja produit sans déforestation. « 97,8 % de l’alimentation animale française ne pose donc pas de problème de déforestation », a insisté Patricia Le Cadre.

Jean-François Arnaud s’est félicité de ces chiffres encourageants. Il souhaite cependant que l’alimentation animale produite et utilisée en France soit « clean » et qu’il soit possible de le prouver. « Nous voulons réduire ces 2,2 % d’incertitude à 0 % », a insisté le président. L’observatoire sera ainsi reconduit tous les ans.

Marie-Astrid Batut

(1) Duralim a été créé en 2016 et rassemble des importateurs, des distributeurs, des fabricants d’aliments des interprofessions...