« Même si l’État autorise le prélèvement de deux fois plus de loups en 2019, cela ne suffira pas à faire baisser la pression auprès des troupeaux, insiste Annette Jouvent, secrétaire de l’Association des bergers et des éleveurs du Vercors Drôme-Isère. Ces derniers n’en peuvent plus. Ils sont révoltés. Leur colère monte d’année en année. »

D’autres associations, comme la Fédération nationale du pastoralisme, l’Association pour la biodiversité contre la prédation, l’Union pour la sauvegarde de la ruralité et du pastoralisme, L113… étaient présentes également pour appuyer le propos.

« L’Office est toujours très en dessous de la réalité »

La fédération des chasseurs de la Drôme a présenté une étude qu’elle a conduite sur la présence des loups dans le département. « Grâce à l’installation de pièges photos, 1 600 clichés de loups ont pu être analysés, relate Annette Jouvent. Ils ont détecté des loups sur 75 % du département. Les témoignages de leur présence sont enregistrés tous les jours. Les comptes de la Fédération nationale des chasseurs de la Drôme ne sont pas du tout en accord avec les calculs de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage. Pour les chasseurs, il y a plus de 70 loups (entre 70 et 90) dans le département alors que le réseau de l’office est à 38. »

Or, ce chiffre sert pour déterminer le nombre de loup à prélever. « L’Office est toujours très en dessous de la réalité, s’insurge la secrétaire. Il nous ment. » Idem au sujet des dégâts. « Les victimes qui ne sont pas retrouvées dans les 72 h qui suivent l’attaque ne sont pas comptabilisées par exemple. Pour les veaux dont l’éleveur ne retrouve rien, aucune indemnisation n’est possible. »

M.-F. M.