Lors de la journée Grand Angle Viande du mardi 17 novembre 2020, FranceAgriMer a dressé un premier bilan de la consommation alimentaire des Français dans un contexte économique et sanitaire bien singulier face à la pandémie de Covid-19. Pendant le premier confinement, les produits non périssables ont fait leur grand retour sur le devant de la scène. Les ventes de viandes surgelées ont grimpé en flèche, pour atteindre jusqu’à +47 % du 16 mars au 10 mai 2020 par rapport à 2019, d’après les données IRI.

> À lire aussi : Viande bovine, « les à-coups de la crise ont été difficiles à encaisser » (29/09/20)

Le confinement s’est également traduit par le retour du « faire soi-même » : 47 % des Français déclarent cuisiner plus qu’avant, pendant la crise. « Reste à savoir si cette volonté de cuisiner va perdurer au-delà du confinement », interroge Grazyna Marcinkowska. De même, si les Français aspirent à consommer de manière plus responsable, des craintes économiques subsistent. « Alors qu’un Français sur trois aurait subi une perte de revenus, des arbitrages financiers sont à prévoir, y compris sur les viandes », prévient la spécialiste.

> À lire aussi : Bien-être animal, « lever les clichés » sur le monde de l’élevage (08/10/20)

L’essor du « locavorisme »

Face à la crise sanitaire actuelle, « la volonté de consommer des produits français et locaux fait consensus, reprend Grazyna Marcinkowska. On pourrait le traduire par un acte patriotique de soutien à l’économie et aux agriculteurs. Les ruptures de stocks de médicaments, de gel hydroalcoolique et de masques survenues durant le premier confinement ont aussi certainement mis en exergue les limites de la mondialisation. Les consommateurs reviennent à la notion de ‘ on mange ce qu’on produit’. »

82 %des Français veulent continuer à acheter plus de produits locaux après la crise (56 % seulement pour les produits bio), d’après un sondage Ifop.

Du côté des produits bio, contre toute attente, leur croissance a ralenti. Depuis mai, « la croissance du chiffre d’affaires de l’offre bio est presque similaire à la croissance globale des produits de grande consommation (PGC) d’après les données mensuelles IRI 2020. C’est du jamais vu », selon l’experte.

Ces premiers signes constituent des « premiers points d’alerte vis-à-vis des produits biologiques qui peuvent très bien se faire concurrencer, s’il y a des arbitrages à faire, par les produits français. »

L’e-commerce plébiscité par les Français

S’agissant des circuits d’achat, certaines tendances se sont accélérées. « Les hypermarchés ont été délaissés au profit des petits commerces de proximité pour réduire les contacts, relate Grazyna Marcinkowska. Les services « on line », en livraison ou en drive, ont fortement augmenté durant le premier confinement et restent en croissance depuis. « Un bon signe de fidélisation de la clientèle pour l’e-commerce », appuie la spécialiste de FranceAgriMer.

Concernant la vente directe, le boom connu en avril a été de courte durée, d’après les données Kantar. En prenant l’exemple des viandes, « dès le mois de mai, la progression des parts de marché en vente directe s’est réduite et en septembre 2020, la tendance est même négative par rapport à la même période en 2019. » De même pour les boucheries traditionnelles, « elles n’affichent plus un solde positif en septembre. »

Source : FranceAgriMer d’après les données Kantar. Périmètre : Tous circuits ; viandes de boucherie hors élaborés.
Lucie Pouchard