« Afin d’éviter de futurs problèmes de bien-être animal consécutifs à une sélection spécifique de certains caractères de production, il y a un besoin évident d’inclure le sujet de la génétique dans la législation européenne sur le bien-être animal », alerte la délégation danoise du Conseil de l’Union européenne (UE), dans une note publiée le 29 novembre 2021.

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De petites poules très productives

Les Danois s’appuient sur une récente étude de l’Université de Copenhague. Ses résultats ont « montré une fréquence alarmante de fractures du bréchet chez les poules pondeuses ». Dans ces travaux, 85 % des animaux, d’un échantillon de 40 élevages ont présenté de telles fractures. « Ces fractures ont été trouvées avec la même fréquence, quel que soit le système d’élevage », rapporte la délégation danoise.

Pour elle, peu de doutes subsistent. « Sur la base de nos connaissances, la forte incidence de ces fractures est considérée comme étant le résultat de stratégies de sélection, visant à obtenir des poules de moindre gabarit avec une faible consommation alimentaire, tout en assurant une production d’œufs élevée et de grande taille, avec une mise en production précoce ». En clair, ces fractures seraient le résultat d’une « pression venant de l’intérieur de l’animal ».

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Vers une « approche commune »

Considérant qu’« une large majorité » des poules pondeuses proviennent des mêmes entreprises de sélection, la délégation danoise considère que ces fractures « sont très probablement courantes dans toute l’Europe, et même dans le monde ». « Cela appelle à une approche commune au sein de l’Union européenne, en demandant à ces entreprises des initiatives pour réduire la prévalence de ces fractures du bréchet ».

Pour les représentants du Danemark, « cette situation doit conduire à des réflexions sur les futures stratégies d’élevage et de sélection génétique, non seulement chez les poules pondeuses, mais aussi chez d’autres espèces animales ».

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Vincent Guyot