Le 7 avril, l’union Cloé, associant pour son activité d’élevage les coopératives Lorca, la Coopérative agricole lorraine (CAL) et le Comptoir agricole, a signé un partenariat avec l’abatteur Charal. Avec pour objectif de répondre à une demande accrue des grandes enseignes, comme Cora, en viande bovine estampillée label rouge. Un signe de qualité dont le président d’Interbev Grand Est, Xavier Lerond, souligne qu’il revient en premier dans les cri­tères d’identification des consommateurs.

Une reconnaissance des pratiques

Sur l’exercice 2019-2020, 384 bovins ont été commercialisés sous label rouge par Cloé. Pour la campagne en cours, la prévision est de 1 300 bovins pour environ 200 élevages qualifiés. L’exploitation de Nicolas Girard, située à Prévocourt en Moselle, compte un atelier naisseur-engraisseur d’une soixantaine de mères charolaises. Sur cet hiver 2020-2021, onze vaches de réforme partiront avec cette étiquette label rouge. Sur l’hiver 2019-2020, quatorze bêtes en auront bénéficié.

« La contractualisation change très peu ma façon de travailler, explique l’éleveur. La seule vraie contrainte est la surveillance du poids des femelles. Le label est surtout une reconnaissance de nos bonnes pratiques, permettant une meilleure valorisation. Cela se traduit aussi par une avancée de l’âge de réforme et donc un rajeunissement du troupeau. Pour être éligibles, les vaches doivent faire moins de 500 kg et ne pas avoir d’OGM dans la ration. Je n’utilise que du tourteau de colza local. »

Du côté des marges

« L’engagement dans le label se traduit par des prix de 4,50 €/kg, alors que le cours actuel est à 3,80 €/kg. Il faudrait idéalement tendre vers 5 €/kg pour encourager davantage d’éleveurs à souscrire à la démarche », relate Nicolas Girard qui estime sa plus-value à environ 350 euros pour une vache de 470 kg.

Dominique Péronne
Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Recul de la demande sur les pièces « arrière »

L’activité commerciale reste assez régulière sur le marché du vif, bien que les industriels observent un recul des commandes dans les pièces « arrière ». Le prix des aloyaux se replie, mais cette baisse n’est pas compensée par une plus-value sur les avants. Les abatteurs, qui ont moins de difficulté à s’approvisionner, commencent à mettre la pression sur les prix des laitières. La demande est également plus calme dans le domaine des allaitantes, mais la modestie de l’offre permet de maintenir les cours.