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L’Apad s’interroge sur le marché du carbone

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Services écosystémiques - L’Apad s’interroge sur le marché du carbone
Les labellisés ou futurs labellisés « Au cœur des sols », le label de l’Association pour la promotion d’une agriculture durable (Apad), ont réfléchi à la manière dont ils allaient se lancer dans le marché du carbone. © Hélène Parisot

Les membres de l’Association pour la promotion d’une agriculture durable (Apad) souhaitent garder la main sur la valorisation des services environnementaux liés à l’agriculture de conservation des sols (ACS), et ne pas les limiter au « seul » stockage du carbone.

L’Apad (1) s’est réunie en congrès les 15 et 16 décembre 2021 dans le Loir-et-Cher. L’objectif : donner un cap au développement de l’agriculture de conservation des sols (ACS), en portant notamment une réflexion collective sur la valorisation du label « Au cœur des sols ». Près de deux ans après son lancement, environ 300 fermes en sont dotées.

La question de la rémunération carbone a en particulier été au cœur des discussions. Face à la complexité du marché, l’Apad a créé un comité « carbone » en interne. Start-up, Label bas carbone (lire l’encadré)… Il s’est attelé à mieux comprendre les positionnements des différents acteurs, et les différentes méthodologies proposées, en France et à l’international.

Garder la main sur la valorisation

Avec qui s’engager, et sous quelles conditions ? Le positionnement de l’Apad devrait être communiqué dans les prochaines semaines. « La volonté de l’Apad est que les agriculteurs et les agricultrices gardent la main sur la valorisation de leurs services environnementaux, indépendamment des organisations économiques, a souligné François Mandin, le président de l’Apad. Il faut qu’on possède la façon dont on va offrir sur le marché les services environnementaux à nos acheteurs. »

« On ne vend pas de carbone, on vend la totalité du système “agriculture de conservation des sols”, sur l’ensemble des éléments positifs qu’il apporte », explique François Mandin. L’objectif est de valoriser ce qu’il appelle du « carbone premium » : du carbone sous forme de matière organique, « support des services environnementaux que l’on souhaite offrir ». Il estime que ce message est bien perçu par les entreprises que l’Apad a rencontrées.

Le label bas carbone interroge

L’Apad a été partie prenante dans la rédaction de la méthode Grandes cultures du label bas carbone. « Notre cheval de bataille a été la prise en compte de ceux qui étaient en avance », souligne François Mandin.

Dans sa version actuelle, validée en août 2021, la méthode permet de se comparer à une référence régionale, autorisant ainsi la valorisation des pratiques déjà mises en place sur les exploitations. Mais le positionnement stratégique et politique du label interroge encore l’Apad : il est globalement plus favorable à la mise en place de nouvelles pratiques, sans regard sur ce qui a été fait avant.

Hélène Parisot

(1) Association pour la promotion d’une agriculture durable.

Faire reconnaître l’agriculture de conservation des sols dans la Pac

L’Apad travaille à la reconnaissance de l’ACS (agriculture de conservation des sols) dans la nouvelle politique agricole commune (Pac). Cela pourrait passer par les nouvelles mesures agroenvironnementales et climatiques (MAEC), dont l’une aurait des critères assez proches du système de cultures.

Cette dernière donnerait droit, dans l’état actuel des discussions, à des paiements de 104 €/ha/an (60 % de la sole en ACS au bout de 5 ans), ou 158 €/ha/an (100 % de la sole en ACS au bout de 5 ans).

L’ouverture des MAEC étant dépendante des régions, l’Apad espère pouvoir faire reconnaître l’ACS comme donnant droit aux écorégimes. Dans la version actuelle du plan stratégique national (PSN) français, seules trois certifications le permettent : l’agriculture biologique (AB), la haute valeur environnementale (HVE), et une future certification environnementale de niveau 2 +, qui sera créée. L’agriculture biologique et de la HVE donnerait droit au niveau supérieur des écorégimes (82 €/ha), alors que le « 2 + » donnerait droit au niveau standard (60 €/ha).

« Toute la question est de savoir quel type de démarche, de systèmes de production, ou de certification, pourra être reconnu 2 +. Pour l’instant, nous n’en savons pas plus », indique Sophie Gardette, directrice de l’Apad. Toutefois, elle souligne que le ministère semble ouvert à la définition d’un système qui puisse valoriser les pratiques qui bénéficient au stockage du carbone.

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