Toujours affectée par la pandémie, l’industrie de la transformation de la pomme de terre tourne entre 80 et 90 % de sa capacité. Cette situation est amenée à durer, « probablement jusqu’à la réouverture de l’horeca (secteur d’activité de l’hôtellerie, de la restauration et des cafés) européenne et des exportations hors Union européenne », indique le NEPG (Groupe des producteurs de pommes de terre du Nord-Ouest européen) le 15 décembre 2020.

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La demande des industriels reste basse, et les prix aussi. Le NEPG « s’attend à ce que moins de contrats soient proposés » pour la saison 2021-2022 et appelle désormais les producteurs à réduire les surfaces de 20 %, contre 15 % auparavant.

Germinations précoces dans les stocks

Cette campagne marque aussi la fin de l’antigerminatif CIPC. « Les solutions alternatives proposées aux producteurs apportent moins de satisfaction (en bonne partie à cause de l’été et de l’automne chauds qui ont contribué à lever les dormances) et ne sont pas toujours disponibles en quantité suffisante », alerte le NEPG. Des cas de germinations précoces dans les stocks ont été rapportés dans l’ensemble des pays membres du groupement.

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Investissements dans les bâtiments, prix supérieurs des alternatives antigermes et coût des traitements… Le stockage est plus coûteux, en particulier le long terme jusqu’à l’été 2021.

« Les traitements antigerminatifs sont devenus beaucoup trop chers pour les pommes de terre libres non commercialisables ou aux cours très bas actuels et leur utilisation n’est pas envisagée dans de nombreux cas », déplore le NEPG, qui craint un impact sur l’offre dans les mois à venir.

« De nombreuses pommes de terre libres ont déjà quitté les hangars ou partiront bientôt vers l’exportation, l’alimentation du bétail, l’industrie de l’amidon et le biogaz ; les conserver plus longtemps est considéré comme un risque au niveau de prix actuel », poursuit le groupement.

Des signaux positifs de consommation

Les études sur la consommation montrent néanmoins une croissance de la consommation domestique de pommes de terre fraîches de 11 % en moyenne. « L’exportation réelle est également à un bon niveau, complète le NEPG. L’exportation croissante de pommes de terre fraîches vers l’Afrique est remarquable. Les Pays-Bas ont par exemple signalé une augmentation de 30 190 à 58 200 tonnes, le Sénégal étant le principal client avec 21 600 tonnes. »

Le Brexit inquiète

Les dernières négociations entre la Grande-Bretagne et l’Union européenne inquiètent aussi. « Un non-accord pour le Brexit entraînera des difficultés supplémentaires sur les marchés d’exportation », affirme le NEPG. Des « incertitudes » qui entraînent un manque de visibilité sur la campagne en cours.

Justine Papin