En réponse aux récentes réactions de Générations futures sur le glyphosate, François Thiboust, représentant de la Plateforme Glyphosate France (PGF) (1), a fait part de l’avis de la PGF sur ce dossier.

« Si les organisations environnementales sont en ce moment très actives, c’est en raison de l’avis du groupe d’évaluation sur le glyphosate (AGG) de juin 2021, qui a rejeté le caractère cancérogène de la matière active, ce qui est une bonne nouvelle pour nous », déclare en premier lieu François Thiboust.

Concernant les procédures critiquées par Générations futures, il est selon lui important de bien distinguer les deux types d’études qui composent le dossier de réhomologation.

Des études réglementaires sur la sécurité du produit…

Ces études sont réalisées pour le compte des fabricants de glyphosate par des laboratoires spécialisés et indépendants. Obligatoires, elles sont par ailleurs normées, selon les règles européennes en vigueur (règlement 1107/2009).

« Pour le glyphosate, environ 1 500 études réglementaires ont été utilisées pour constituer le dossier de demande de renouvellement, dont une centaine récente, précise François Thiboust. Dans la mesure où ces études ont été validées par l’AGG, nous ne comprenons pas bien pourquoi Générations futures les juge non acceptables », ajoute-t-il.

… et d’autres issues de la littérature scientifique

Ces études universitaires ont fait l’objet d’un premier travail de tri de la part des entreprises :

« Sur les 12 000 études identifiées au préalable, nous en avons retenu 733 car elles correspondaient aux critères de sélection édictés par l’Efsa (2), puis nous les avons classées en trois catégories selon leur niveau de pertinence (A, B et C), là encore en suivant les normes de l’Efsa. 191 avaient été mises par nos soins en catégorie A (le plus pertinent). L’AGG en a au final sélectionné 20 de plus en catégorie A », souligne François Thiboust.

Ce dernier insiste donc sur le fait que la sélection finale de ces études revient bien à cette instance. « Les 30 études pertinentes et fiables sans restriction évoquées par Générations futures ont elles aussi été sélectionnées par l’AGG. Mais tous ces chiffrages pourraient amener à évoluer, selon les résultats de la consultation publique », ajoute le spécialiste.

Logique de transparence

François Thiboust a enfin souhaité souligner les efforts des fabricants sur ce sujet : « Avec 180 000 pages, le dossier de réapprobation du glyphosate est le plus long et le plus complet jamais examiné dans le cadre d’une telle procédure. Dans une logique de transparence, le Glyphosate Renewal Group a souhaité mettre ce dossier à disposition du public ».

Charlotte Salmon

(1) La Plateforme Glyphosate France est une association qui représente cinq entreprises commercialisant en France la majeure partie des préparations phytosanitaires à base de glyphosate. Elle s’est associée au Glyphosate Renewal Group (GRG) dans sa demande de réhomologation du glyphosate, au niveau européen.

(2) Autorité européenne de sécurité des aliments.