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L’interprofession de la luzerne veut faire valoir ses atouts

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Paiements pour services environnementaux - L’interprofession de la luzerne veut faire valoir ses atouts
La Coopération Agricole luzerne de France souhaite bénéficier d’un paiement pour services environnementaux (PSE), qu’elle estime valoir de 200 €/ha à 300 €/ha. © Sébastien Champion

La filière de la luzerne souhaite quantifier et prouver les plus-values liées à la culture de la légumineuse pour pouvoir les valoriser par des paiements pour services environnementaux (PSE).

La filière de la luzerne s’est attelée à l’exercice de la prospective à l’horizon de 2026. Elle s’est fixé plusieurs objectifs, dont celui de quantifier les aménités (plus-values) de la luzerne dans le système de culture.

Prouver la valeur ajoutée…

Plante peu gourmande en intrants, mellifère, fixatrice d’azote atmosphérique, pluriannuelle, donc intéressante pour lutter contre l’érosion, avec un système racinaire bénéfique pour la qualité de l’eau… « La luzerne répond aux objectifs des nouveaux modèles de production agroécologiques et des labels tels que la HVE ou la bio, explique Benoit Vachez, agriculteur et administrateur de Coop de France déshydratation. Il faut apporter la preuve de ces valeurs ajoutée. »

En collaboration avec un chercheur de l’Inrae, la filière a déjà réalisé une analyse de cycle de vie (ACV) de la culture. « Les résultats sont bluffants, assure-t-il. Une tonne de luzerne déshydratée produite stocke 400 kg de carbone. Cela représente quatre tonnes de CO2/ha de luzerne ».

… et en tirer une rémunération

L’objectif final : faire valoir ces éléments pour obtenir la rémunération des planteurs de luzerne via la nouvelle Pac. « On veut être porteurs de paiements pour services environnementaux (PSE), explique benoît Vachez. La filière pense qu’une rémunération à hauteur de 200 €/ha à 300 €/ha serait juste. »

Selon la filière, la luzerne pâtit d’une rentabilité un peu en deçà de certaines autres cultures et de la concurrence de produits d’importation. Elle plaide pour le maintien de l’aide découplée affectée à cette culture afin qu’elle reste attractive pour les producteurs.

La Coopération Agricole luzerne de France a présenté sa prospective « Luzerne 2026 » le 4 mars 2021 par visioconférence.

Par ailleurs, Éric Masset, président de Luzerne de France, fait un appel aux pouvoirs publics : « On a besoin de financements, déclare-t-il. La luzerne est une plante orpheline, elle ne bénéficie par de toute la recherche variétale, ou agronomique. »

Hélène Parisot

De nouvelles usines de déshydratation en projet

En 2019, la culture de la luzerne représente 330 000 hectares en France, dont 68 000 ha destinés à la déshydratation. Les 24 usines en France, majoritairement implantées en Champagne-Ardenne, ont produit cette même année 785 000 tonnes de luzerne déshydratée (granulés, balles de brins longs et concentrés protéiques).

Pour Éric Masset, la filière est en capacité d’augmenter sa production. Il souligne l’existence de « projets d’usines dans des régions où il n’y a pas de luzerne déshydratée ». Par ailleurs, les usines existantes ont pour projet d’augmenter leurs capacités. « On est là pour répondre à la demande du gouvernement, qui est d’augmenter de dix points la production de protéines en France », assure-t-il.

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