Ce « plan de prévention » que la filière devait préparer en lien avec l’Administration, comporte une série d’engagements qui doivent permettre d’« accélérer la transition » et « protéger les pollinisateurs », parallèlement à la réautorisation pour la culture de la betterave de ces insecticides, indique l’AIBS.

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Une réduction de la dose de 25 %

Les professionnels s’engagent à réduire « de 25 % de l’utilisation des néonicotinoïdes en enrobage de semences par rapport à la pratique précédente ». Ils proposent aussi de restreindre à « une seule année » l’utilisation de semences traitées par parcelle sur la période de 2021 à 2023 durant laquelle doit courir cette dérogation renouvelée chaque année, sous réserve du vote de la loi par le Parlement.

Autres engagements du plan de prévention : l’implantation de cultures non mellifères après les cultures de betteraves et « l’organisation d’échanges locaux entre agriculteurs et apiculteurs en vue d’identifier et de promouvoir les pratiques et dispositifs favorables aux abeilles et pollinisateurs ».

« L’implantation de 4 000 ha de nouvelles surfaces de plantes mellifères (luzernes d’été, bandes fleuries, jachères mellifères, etc.) sur l’ensemble des exploitations betteravières à l’horizon de 2023 » est aussi proposée.

Des fermes pilotes sans néonicotinoïdes

Est prévue par ailleurs, la « mise en place de fermes pilotes en conditions réelles d’exploitation sur 500 hectares dès 2021 (1 000 hectares en 2023), parmi les surfaces conduites sans néonicotinoïdes, afin de démontrer les résultats de la recherche et les innovations ».

« Nous sommes engagés dans un processus de transition qui passe à la fois par l’évolution de nos modes de culture et par l’amplification des efforts de recherche, a précisé Jean-Philippe Garnot, le président de l’AIBS dans un communiqué paru le 22 septembre 2020. Avec le soutien de l’État et de l’Inrae, la filière de la betterave se donne les moyens de sortir des néonicotinoïdes au cours des trois prochaines années. La dérogation proposée par le gouvernement et ce plan de prévention doivent ainsi permettre de sauvegarder notre souveraineté agricole, alimentaire et productive et préserver une filière française d’excellence. »

Ce plan de prévention s’ajoute à un plan de recherche qui sera mené par l’Inrae et l’ITB (Institut technique de la betterave). Visant à poursuivre et accélérer la recherche d’alternatives à l’usage des néonicotinoïdes », ce plan a également été remis le 22 septembre au ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie.

Une dérogation temporaire

Face au danger de la « jaunisse de la betterave », transmise par un puceron vert vecteur du virus, qui se développe sur les cultures dont les semences n’ont pas été enrobées au préalable de cet insecticide, la France prévoit d’introduire des dérogations temporaires pour permettre à ses agriculteurs de le réutiliser.

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Malgré l’opposition des écologistes et des apiculteurs, Paris s’appuie sur l’article 53 du règlement européen sur les phytosanitaires permettant de déroger à l’interdiction de certains produits lorsqu’il existe un « danger qui ne peut être maîtrisé par d’autres moyens raisonnables ».

Isabelle Escoffier, avec l’AFP