Les prix des céréales se sont affaissés cette semaine sauf ceux de l’orge brassicole mais le mouvement baissier semble de courte durée si l’on en croit le Matif reparti à la hausse depuis hier. Le soja, de son côté, en baisse à la suite d’une remontée des estimations de récolte aux USA, entraîne aussi le colza dans son sillage.

Pause éphémère pour le prix du blé

Après plusieurs semaines de hausse continue, les prix du blé meunier ont légèrement reculé cette semaine sur le marché physique. Ils ont perdu presque 3 €/t rendu Rouen, à 266,75 €/t base juillet. La baisse n’a cependant pas touché le blé fourrager qui gagne, au contraire, 2 €/t, à 247 €/t rendu Rouen, en raison d’exportations soutenues vers les autres pays de l’Union européenne (UE) et quelques chargements vers l’Asie (Chine et Philippines). L’écart entre les cotations meunières et fourragères reste important (20 €/t) mais il a donc diminué depuis la semaine dernière.

Les prix des blés meuniers ont été affectés par l’annulation de l’appel d’offres égyptien au début de la semaine. Après plusieurs révisions en baisse, les estimations portant sur la récolte russe commencent à se stabiliser et remontent même légèrement un peu plus haut que le niveau de 75 millions de tonnes. Enfin, le ministère américain de l’Agriculture (USDA) a relevé légèrement mardi la récolte de maïs aux États-Unis (USA) ; cela a pesé sur les prix du blé US même si l’organisme a, au contraire, de nouveau réduit son estimation de la récolte de blé US (−1,4, à 44,8 millions de tonnes).

Ces éléments ont contribué à l’affaissement des prix du blé mais le mouvement de baisse ne semble que passager : après un creux mercredi, l’échéance de décembre sur Euronext est en effet repartie en hausse ce jeudi 14 octobre 2021 et se retrouve supérieure de presque 5 €/t à son niveau de clôture de vendredi dernier.

Des éléments de tension encore en l’œuvre

Les prix sur le marché physique devraient suivre rapidement, soutenus par plusieurs facteurs. Dans sa note mensuelle, le service de la statistique du ministère de l’agriculture a revu à la baisse la récolte de blé français à 35,2 millions de tonnes (36,1 auparavant).

Le bilan mondial du blé reste par ailleurs extrêmement tendu et cela implique qu’une forte demande s’adresse à l’UE et à la France qui a chargé presque 300 000 tonnes de blé vers la Chine cette semaine.

Le marché mondial est animé par ailleurs par des chargements très importants, au départ de la Russie notamment, vers l’Iran.

La Turquie est de nouveau aux achats avec un appel d’offres de 300 000 tonnes et la Jordanie vient aussi de lancer un gros appel d’offres de 1,2 million de tonnes.

Les primes d’orges brassicoles grimpent encore plus

L’écart s’est creusé un peu plus cette semaine entre les orges fourragères et les orges brassicoles. Ces dernières ont vu leur prix gagner 10,5 €/t, à 307 et 330 €/t Fob Creil pour les variétés d’hiver et de printemps. Dans le même temps, l’orge fourragère perdait 5 €/t à Rouen (à 235 €/t base juillet) et restait stable Fob Moselle (230 €/t).

Les prix fourragers se tassent à cause du ralentissement des achats de la Chine, ce dont atteste aussi le rapprochement, en Ukraine, des prix des orges dédiées aux contrats chinois et des orges dédiées aux autres contrats. En revanche, les prix australiens grimpent (+7,5 $/t) cette semaine, probablement tirés par la demande saoudienne.

Sur le créneau brassicole, les achats du nord de l’UE, les mauvaises qualités scandinaves et la confirmation de faibles disponibilités au Canada continent d’alimenter la tension.

Affaissement en maïs

L’avancée des opérations de récolte en France, en Europe et en Ukraine, d’une part, et la révision à la hausse de la production de maïs US par l’USDA, d’autre part, sont venues peser légèrement sur les cours du maïs cette semaine. Les prix sont restés stables Fob Rhin mais ils ont abandonné 5 €/t Fob Bordeaux. Cela représente une chute de 3 $/t dans le sillage de la chute des prix US (−3 $/t aussi).

En France, la récolte est revue en hausse par le ministère de l’agriculture à 13,9 millions de tonnes (13 auparavant) et nous estimons que ce chiffre a encore un bon potentiel de hausse.

Malgré tout, que ce soit à l’échelle UE ou mondiale, la situation du maïs reste fragile car la forte hausse des prix du blé est venue renforcer la demande en maïs par le secteur animal au cours des derniers jours.

Cours du soja en forte correction baissière

L’avancée des moissons en Amérique du Nord, des prévisions météorologiques plutôt rassurantes dans les zones de production du soja au Brésil, et une révision en hausse de l’estimation de production des États-Unis par l’USDA ont fortement comprimé les cours sur la semaine.

En effet, d’une part les moissons de soja avancent rapidement aux USA (elles étaient faites à 49 % au 10 octobre contre 40 % en moyenne sur les années 2016-2020). D’autre part, le ministère de l’Agriculture aux USA reste optimiste quant au rendement moyen US pour 2021, qu’il estime en hausse par rapport à 2020. Les conditions des cultures décrites dans le rapport hebdomadaire du ministère indiquent pourtant de moins bonnes conditions des cultures que l’an dernier.

Néanmoins, les acteurs du marché semblent se rallier en majorité à l’opinion officielle états-unienne, ce qui a entraîné une forte diminution des cours sur le marché à terme de Chicago (−15 à −16 $/t sur la semaine entre les échéances de novembre 2021 et de mai 2022).

Enfin, l’avancée des semis devrait se dérouler correctement au Brésil. Les cumuls de précipitation sur septembre-octobre sont jusqu’ici égaux ou supérieurs à la normale dans les principales zones de production, ce qui devrait permettre une bonne émergence des plants. La situation est aussi proche des normales de saison au Paraguay et en Uruguay. En revanche, un déficit hydrique semble s’installer sur l’Argentine. Il est néanmoins encore un peu tôt pour s’inquiéter, les semis se déroulant surtout sur novembre-décembre.

Le tourteau de soja se replie

À la suite des cours de la fève, le prix des tourteaux de soja sur le marché français diminue cette semaine. À Montoir, il recule de 4 €/t sur une semaine. La production n’est pas très dynamique sur le rapproché, le soja étant concurrencé par le colza et le tournesol dans les lignes de trituration françaises et européennes ; malgré tout, la demande est peu dynamique, freinée par le manque de rentabilité de la filière porcine (les prix du porc étant très bas). Avec une consommation inférieure aux volumes disponibles à la vente sur le marché, le prix du tourteau perd ainsi quelques euros sur la semaine.

Le pois fourrager, quant à lui, voit son prix fortement soutenu par le blé, et par le contexte extrêmement tendu au niveau mondial. En effet, le principal exportateur mondial de pois, le Canada, voit sa production et ses disponibilités exportables chuter, en raison des conditions de cultures extrêmes subies par cette culture durant l’été. Le prix du pois départ Marne grimpe encore de 10 €/t cette semaine, à 320 €/t, un nouveau record.

Repli des cours du colza à la suite du soja

Cette semaine, les cours du colza en France ont régressé avec notamment une forte baisse au début de la semaine (−30 €/t environ entre le 7 et le 12 octobre 2021) avant de remonter légèrement. Depuis la semaine dernière les cours de colza rendu Rouen et en Fob Moselle ont reculé d’environ 15 €/t pour atteindre respectivement 656 €/t et 664 €/t le 14 octobre.

Cette forte baisse a notamment été engendrée par le repli des cours du soja. Les prix français ont également été affectés par la baisse des cours de l’huile de palme au début de la semaine. En effet, les exportations malaisiennes d’huile de palme du mois d’octobre se sont révélées en forte baisse par rapport au mois de septembre.

Cependant, en cette fin de semaine, les cours du colza ont légèrement remonté sous l’influence de la forte demande en énergie au niveau mondial. Le prix du pétrole a grimpé de presque 4 % sur la semaine, pour monter à plus de 81 dollars le baril, un niveau qui n’avait pas été atteint depuis 7 ans.

Les faibles stocks d’huile de palme en Malaisie (dont le niveau à la fin de septembre s’est avéré inférieur à celui de la fin d’août) ont aussi soutenu les cours de l’huile de colza et du colza par ricochet. Par ailleurs, l’Inde a annoncé le 14 octobre la diminution à effet immédiat (jusqu’au 31 mars 2022) des taxes à l’importation sur l’huile de palme brute, l’huile de soja et l’huile de tournesol. Cela a entraîné un léger rebond des cours des huiles à la fin de la semaine.

Enfin, les faibles disponibilités canadiennes de canola participent également au rebond des prix français sur la fin de la semaine. Les prix canadiens restent très élevés, l’échéance de mai 2022 sur le marché à terme canadien ayant même vu son cours augmenter de 1 $/t sur la semaine.

Légère hausse pour le prix du tournesol français, baisse en mer Noire

En France, nous prévoyons maintenant une récolte de tournesol record (à presque deux millions de tonnes) grâce à un rendement attendu au plus haut historique et une surface relativement élevée (bien qu’en baisse par rapport à 2020).

Cependant, les prix du tournesol continuent d’être soutenus par le retard de récolte et les prix élevés de l’huile qui maintiennent les marges de trituration à des niveaux rentables. La demande des triturateurs reste donc plutôt soutenue. Sur le marché hexagonal, le prix de la qualité oléique a ainsi augmenté de 5 €/t cette semaine, à 610 €/t, alors que le cours du tournesol standard s’est maintenu à 595 €/t.

En mer Noire, les cours du tournesol commencent à subir la pression de la récolte avec l’avancement des moissons. Mais cet impact baissier reste limité par la rétention persistante des producteurs. Ainsi, le prix Fob moyen mer Noire (Ukraine, Roumanie, Bulgarie) recule de 5 $/t seulement, à 632,5 $/t, en une semaine.

Tallage

À suivre : achats de blé et d’orge par les grands pays importateurs de l’Asie et du Moyen-Orient, disponibilités de blé meunier dans l’UE, climat en Amérique du Sud (soja et blé), avancée des récoltes de tournesol en Europe et mer Noire, prix du pétrole, conditions de cultures pour les colzas UE et mer Noire, moisson du canola et des céréales à paille en Australie, demande en huiles des pays émergents (Inde, Chine).

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