Dans un communiqué diffusé le 20 octobre 2021, la Fnams (1) estime que les hausses de charges observées sur plusieurs postes « vont avoir des répercussions importantes sur les coûts de productions de certaines cultures de semences ».

« Revalorisation substantielle » des contrats

Pour éviter un désengagement des agriculteurs multiplicateurs face à une « situation d’urgence inédite », la Fnams « appelle de ses vœux une prise de conscience de l’ensemble des acteurs du secteur ». Selon la Fédération, la situation rappelle celle des années 2007-2008, qui « n’avait pu se solutionner qu’au travers d’une revalorisation substantielle du prix des contrats de semences ».

La FNPSMS (2), avait émis des inquiétudes similaires en juillet denier concernant les semences de maïs et de sorgho. Elle indiquait alors que la « réalité économique » sera restituée à l’échelle de la filière.

Augmentations actuelles ou à venir

La Fnams est ainsi préoccupée par plusieurs éléments :

  • La forte hausse du cours des engrais azotés ;
  • La hausse attendue des produits phyto ;
  • La hausse attendue du coût de la mécanisation ;
  • La hausse du Smic horaire (+2,2 % au 1er octobre 2021).

« Par ailleurs, des ruptures d’approvisionnement pour certains intrants agricoles sont constatées sur le terrain conduisant des agriculteurs dans une situation d’incertitude sur le déroulement de la campagne de 2021-2022 », estime la Fnams.

La fertilisation pèse lourd

La Fnams a évalué l’impact économique de la hausse actuelle des fertilisants sur les coûts de production de ces cultures porte-graines :

  • Betterave sucrière : augmentation moyenne de charges de 8 % (soit + 420 €/ha) ;
  • Fétuque élevée : +12 % (+130 €/ha) ;
  • Dactyle : + 16 % (+170 €/ha) ;
  • Ray-grass d’Italie : + 12 % (+100 €/ha) ;
  • Cultures potagères phares (carottes, oignons, persil, betterave rouge) : + 150 €/ha à + 300 €/ha.

« Ne pas en tenir compte dans les contractualisations en cours serait inacceptable pour les producteurs et ferait peser un fort risque de désengagement sur le réseau d’agriculteurs multiplicateurs français hautement qualifié », estime la Fnams.

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Hélène Parisot

(1) Fédération nationale des agriculteurs multiplicateurs de semences.

(2) Fédération nationale de la production des semences de maïs et de sorgho.