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Soil Capital rémunère 27,5 € la tonne de carbone stockée

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Grandes cultures - Soil Capital rémunère 27,5 € la tonne de carbone stockée
« La rémunération carbone devient une réalité », assure Chuck de Liedekerke, directeur de Soil Capital. © Claudius Thiriet

La société belge s’est lancée le 23 septembre 2020 dans le marché du carbone, avec son programme européen « Soil Capital Carbon ». Il valorise les pratiques agricoles favorables au climat à hauteur d’un minimum de 27,50 euros la tonne de carbone stockée.

L’entreprise de conseil agronomique Soil Capital lance le 23 septembre 2020 en France et en Belgique « le premier programme international de rémunération carbone pour les agriculteurs, par des agriculteurs ». Selon Chuck de Liedekerke, directeur de Soil Capital, il s’agit d’une incitation qui favorisera le développement de l’agriculture régénérative (lire encadré), et valorisera les démarches déjà mises en place. Elle aura pour vocation à s’étendre dans d’autres pays européens ensuite.

Méthodologie basée sur le Cool Farm Tool

Concrètement, comment cela se passe-t-il ? Le protocole, qui a été certifié ISO 16064-2 (norme de calcul des gaz à effet de serre), comporte plusieurs étapes.

  • D’abord, les agriculteurs motivés réalisent un entretien avec un expert. « Cela ne demandera pas plus de trois heures par an à l’exploitant », assure Nicolas Verschuere, agriculteur et co-fondateur de Soil Capital, qui souligne l’importance de ne pas faire peser de contraintes administratives trop importantes.
  • Les données recueillies sont ensuite utilisées pour réaliser un calcul d’impact. « Nous avons choisi de nous appuyer sur une méthodologie tierce, construite par plusieurs universités européennes : le Cool Farm Tool. « C’est un outil développé par une communauté scientifique crédible, et qui a reçu le soutien de l’agro-industrie », affirme Chuck de Liedekerke.
  • Pour assurer la crédibilité de la démarche, un audit est ensuite réalisé par un organisme tiers.
  • La certification carbone obtenue peut être valorisée par les industriels. « On peut par exemple imaginer la mise en vente d’une bière ou d’un pain qui a stocké du carbone », illustre Chuck de Liedekerke.

Jusqu’à 5 500 €/an

« Une exploitation de grandes cultures de 100 ha en région Hauts de France engagée dans des pratiques régénératives peut capter deux tonnes d’équivalent CO2 par hectare et par an, estime Chuck de Liedekerke. Elle touchera un minimum de 27,50 € la tonne de carbone, soit 5 500 € par an. Ce taux de rémunération est amené à évoluer à la hausse, en fonction de la demande ». 20 % de la somme fait l’objet d’une période de rétention de dix ans. Ce système permet de s’assurer que l’agriculteur ne modifie pas ses pratiques sur le long terme.

Les frais de diagnostic, audits et commercialisation des certificats s’élèvent à 980 €/an. La démarche est pour l’heure réservée aux exploitations de grandes cultures et aux structures ayant une petite activité d’élevage. Un module « élevage » plus complet est en cours de développement.

Objectif : 10 000 agriculteurs en 2025

Actuellement, 20 agriculteurs sont engagés dans la démarche, et deux entreprises : Cargill et IBA (société belge d’équipement médical). 500 000 € sont pour l’heure engagés pour le rachat de certificats carbone. L’objectif de Soil capital est de convaincre 150 exploitants d’ici la fin de l’année, et 10 000 en 2025.

Chuck de Liedekerke voit d’un bon œil les démarches de valorisation du stockage du carbone par l’agriculture (« Au cœur des sols » de l’Apad, ou encore le label bas carbone des filières des grandes cultures). « Il faut continuer de conscientiser sur l’agriculture de conservation de toutes les manières, assure-t-il. Nous chercherons à nous aligner sur le label bas carbone dès que ce sera possible ».

> À lire aussi : Conservation des sols : Le label de l’Apad consolide ses partenariats (04/09/2020)

Hélène Parisot

Agriculture de conservation des sols ou agriculture régénérative ?

Bien que les principes soient très proches de l’agriculture de conservation des sols, Soil Capital préfère parler d’« agriculture régénérative », plus parlant pour les consommateurs selon l’entreprise.

Cinq principes guident ce système de production :- Diminuer voire éliminer les intrants chimiques (pesticides et engrais)- Minimiser la perturbation du sol- Maximiser la couverture du sol avec des plantes vivantes- Maximiser la biodiversité fonctionnelle (diminuer la monoculture, intégrer de la diversité dans les systèmes de production via l’association de cultures par exemple)- Adapter les stratégies agronomiques au contexte

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