L’arrêté du 8 avril 2020 paru au Journal officiel le 25 avril 2020, reconduit l’interdiction « d’introduction, d’importation et de mise sur le marché en France de cerises fraîches destinées à l’alimentation produites dans un pays autorisant le traitement des cerisiers avec des produits phytopharmaceutiques contenant la substance active diméthoate ».

Une clause de sauvegarde dès 2016

Cette mesure est applicable pendant un an. Elle est reconduite tous les ans depuis l’interdiction en février 2016 dans l’Hexagone de ce pesticide. Son bannissement avait suscité la colère d’agriculteurs qui le considérait comme le seul rempart efficace contre la mouche asiatique (Drosophila suzukii), un insecte agressif ravageur de cerisaies.

Dès 2016, la France fait donc jouer une clause de sauvegarde nationale. L’objectif est de protéger les consommateurs français mais aussi éviter les distorsions de concurrence, certains pays producteurs de cerises, comme la Turquie, l’Argentine ou le Chili, utilisant encore l’insecticide.

L’arrêté précise d’ailleurs que « la France a demandé, le 31 mars 2020, à la Commission européenne de prendre des mesures d’urgence pour suspendre l’importation de cerises fraîches issues de cerisiers traités au diméthoate, qui sont susceptibles de constituer un risque sérieux, y compris aigu, pour la santé humaine. »

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Les cerises biologiques autorisées à l’importation

Il existe une exception à cette règle. L’arrêté souligne que « les règles européennes relatives à la production biologique de cerises ne permettent pas l’utilisation de produits phytopharmaceutiques contenant la substance active diméthoate ». Il permet donc d’importer, d’introduire et de mettre sur le marché des « cerises qui proviennent d’une production biologique » conforme aux normes européennes.

M.-A.B. avec l’AFP