La bière, c’est de l’orge mais pas que... Le houblon est aussi un ingrédient essentiel. C’est notamment lui qui apporte l’amertume et les arômes. Plus de 500 hectares de houblon sont cultivés en France pour une production d’environ 755 tonnes. Dans le monde, 112 00 tonnes ont été produites en 2016, soit 20 % de plus qu’en 2015. Le marché du houblon est donc un marché en expansion.

L’augmentation des surfaces et des tonnages « s’accompagne d’un renversement massif de variétés cultivées », expliquent les auteurs de l’article « Bière : un marché mondial en plein renouveau », paru dans le Demeter 2019. Jusque dans les années 1980, 80 % des surfaces américaines étaient affectées au houblon amérisant. Ce dernier ne représentait plus que 20 % des surfaces en 2016, au profit des variétés aromatiques. En France, 95 % des surfaces de houblon se situent en Alsace, 4 % dans le Nord et 1 % dans le reste de l’Hexagone, notamment dans le Sud-Ouest.

Une nouvelle filière en formation

Cette nouvelle filière se démarque de la filière historique de l’Alsace et du Nord. « Les nouvelles filières qui sont en train de se former sont plutôt sur des profils d’exploitation qui vont de 0,3 hectare à 5 hectares, pour la plus grande taille, contre des exploitations qui font 20 hectares en Alsace », détaille Matthieu Luthier, représentant de la filière française du houblon.

« Ce ne sont pas du tout les mêmes logiques d’investissement, poursuit-il. On compte aujourd’hui 2 millions d’euros pour 20 hectares d’investissement en Alsace alors qu’ici sur des modèles beaucoup plus petits, les investissements sont différents, avec du matériel d’occasion qui vient souvent des pays de l’Est. » La culture du houblon est exigeante et demande des investissements conséquents (cf. la vidéo ci-dessus).

La filière alsacienne exporte 70 % de son houblon, elle s’est donc spécialisée dans les variétés aromatiques, comme l’historique Strissesplalt. Dans les « fameux 1 % », plante qui exprime un terroir, les producteurs de houblon multiplient les variétés pour répondre au besoin des brasseurs locaux.

En effet, avec la multiplication des microbrasseries, il s’en ouvre un par jour en France, les besoins des brasseurs, qui importent encore 80 % de leur houblon, ont évolué, ils recherchent désormais des houblons divers pour produire des bières « de terroirs », aux saveurs multiples.

Marie-Astrid Batut