Aux alentours de 20h15 le mercredi 7 juillet 2021, un orage de grêle souffle sur cinq communes de la Haute-Savoie. Vergers et cultures sont ravagés en l’espace de treize minutes. « C’était d’une telle intensité et d’une telle violence avec des charges de vent impressionnantes, raconte Jean-David Baisamy, arboriculteur à Chevrier. La dernière fois que j’ai assisté à ça, c’était en 1998 ! »

Des centaines d’hectares ravagés par la grêle

Si l’orage a été très localisé, les parcelles touchées n’ont pas été épargnées. Et les filets pare-grêle ont à peine réussi à limiter les dégâts. « On ne s’y attendait pas, j’ai reçu une alerte au dernier moment, déplore Jean-David Baisamy, associé de l’EARL « Atoutpom » dans le bassin genevois. Au total, ce sont des centaines d’hectares qui ont été touchés en quelques minutes. »

« Sur notre secteur, les arbres sont foutus, ajoute-t-il. Ça représente 40 hectares d’arbres fruitiers, 20 autres de vignes, plus tout ce qui est céréales. Les maïs, par exemple, sont ramenés à 40 centimètres de hauteur et le sorgho en interculture faisait un mètre de hauteur, là il ne fait plus que 20 centimètres. »

Quarante hectares d’arbres fruitiers ont été ravagés par un violent orage de grêle. © J.-D. Baisamy

Dès le lendemain, le sous-préfet s’est rendu sur place pour constater les dégâts. « Les assurances, personne n’en a ici. Le sous-préfet va appuyer la reconnaissance de catastrophe naturelle », espère encore Jean-David Baisamy.

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Les chasse-neige ont été sortis en été pour pousser la grêle

Deux jours plus tard, ce vendredi 9 juillet 2021, des poches de grêle sont encore à retirer des vergers. « On avait presque fini l’éclaircissage manuel. Là, on a dû refaire un peu les structures, enlever les poches de grêles qui restaient encore dans les filets. Je mets des oligoéléments et de l’argile pour protéger l’épiderme », constate cet arboriculteur à bord de son tracteur.

Les filets pare-grêle n’ont pas été nécessaires pour sauver tous les arbres fruitiers. © J.-D. Baisamy

Cet orage a également engendré des glissements de parcelles. Des champs entiers se sont vidés de leur terre qui a traversé la route de plusieurs mètres de largeur pour passer sur le terrain d’en face. « Il y a des endroits où les chasse-neige ont dû être sortis pour pousser la grêle », relate de son côté la FDSEA des Savoies.

Et cet orage dévastateur vient s’ajouter à une année déjà « très particulière, ajoute Jean-David Baisamy. On a bien lutté contre le gel, on a réussi à passer à côté. Mais après, entre mai et juin, ça a été catastrophique du côté de la pluviométrie. Il faut garder le moral, mais je ne sais pas quoi faire. »

Les pommes sous les filets pare-grêle ont été touchées par l’orage de grêle. © J.-D. Baisamy

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Oriane Dieulot